‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 85 sur 199 · IÔ · texte numérisé non relu

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livrerait-on à moins d'inutiles doléances et porterait-on moins de jugements téméraires sur l'ingérence des ecclésiastiques dans le maniement des affaires publiques.

Revenons aux Papes.

Du jour où, par un dessein visible de la Providence, ils entrèrent en possession de ce domaine temporel dont la Révolution les a si injustement dépouillés, on les vit joindre à l'autorité spirituelle une autorité nouvelle et faire en même temps acte de Pontifes et de rois. Administrateurs des biens du Saint-Siège, gardiens de ses droits, défenseurs de ses Etats, ils durent par suite mettre la main aux affaires de ce inonde, négocier des traités, contracter des alliances, lever et équiper des armées, entreprendre des guerres, jugées nécessaires à la conservation du patrimoine sacré de l'Eglise.

Jamais cependant, remarque fort à propos le comte de Maistre \ "ils n'ont cherché ni saisi l'occasion d'augmenter leurs Etats aux dépens de la justice, tandis qu'aucune autre souveraineté temporelle n'échappa à cet anathème, et que dans ce moment même, avec toute notre philosophie, notre civilisation et nos beaux livres, il n'y a peut-être pas une puissance européenne en état de justifier toutes ses possessions, devant Dieu et la raison. " Ajoutons, — ce que l'Italie ingrate semble avoir oublié, — que pendant les guerres médiévales qui désolèrent ce beau royaume, les souverains de Rome, chefs naturels de l'association italienne et protecteurs nés des peuples qui la composaient, se montrèrent à la hauteur de leur mission et prirent noblement parti pour la cause de la liberté et de l'indépendance nationale. 2

Pendant que les Papes placés au centre de l'univers catholique, exerçaient ainsi pour le bien de leurs sujets une double souveraineté, il n'était pas rare que les évêques, à la fois pasteurs et seigneurs, eussent aussi en main un double pouvoir,

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