Conc. général de L,yon
ment aux prétentions royales; et cette flère attitude du vaillant pontife provoqua, de la part d'une partie du clergé assemblée par le roi, la fameuse déclaration de 1682, déclaration qui est restée dans l'histoire comme la formule officielle du gallicanisme. C'était plutôt, selon la pittoresque expression du chanoine Audisio \ " l'anglicanisme enchâssé dans la couronne du roi très chrétien " ; car cette déclaration consacrait en termes plus ou moins formels, d'un côté l'indépendance absolue et sans limites du pouvoir royal, de l'autre Pasujettissement du pouvoir pontifical au sentiment commun de l'Eglise et aux coutumes nationales.
On éprouve, Messieurs, une douloureuse émotion en voyant le génie du grand Bossuet, d'ordinaire si noble, si droit, si élevé, conduire en quelque sorte la file des adulateurs de la puissance civile, et s'épuiser en vains efforts, se violenter, se contredire même, pour tenter de justifier une position injustifiable. Il réussit, dit-on, par son habile discours sur l'unité de l'Eglise, à prévenir un schisme; par son vote dans l'assemblée de 1682, il se prêta sûrement à une œuvre déplorable. — D'autre part, disons-le bien haut, pour nous Canadiens français, c'est une vive et légitime satisfaction de penser que, pendant qu'un trop grand nombre de prélats courtisans, trahissant leur devoir le plus essentiel, humiliaient l'Eglise de France aux pieds d'un trône, un descendant des Montmorency-Laval, mettant au service de Dieu la fierté native de sa race, venait fonder l'Eglise du Canada sur des bases nettement définies d'indépendance visà-vis des pouvoirs politiques et de parfaite soumission à l'autorité dn Saint-Siège, et inaugurait ainsi ces glorieuses traditions de dévouement à la religion, d'attachement à la doctrine, de zèle et de courage intrépide pour la défense des droits ecclésiastiques, qui, dans la personne de tant d'évêques distingués, se sont perpétuées jusqu'à nos jours.