Ibid., prop
celle de la subordination de VEtctt à V Eglise, fondée sur l'incontestable supériorité dont jouit la société religieuse vis-à-vis de la société civile.
Au surplus, cette supériorité n'est pas expliquée uniformément par tons les auteurs. Les uns en effet prétendent que l'Eglise, par sa prééminence, possède sur les affaires temporelles qui forment le domaine de l'Etat, un pouvoir direct. Les autres, et en plus grand nombre, ne lui reconnaissent qu'un pouvoir indirect^ soit coercitif, soit simplement directif.
Ces expressions diverses du sentiment catholique feront l'objet d'une étude spéciale. Pour le moment, ce qui importe, c'est d'écarter, par une réfutation sommaire, les systèmes qui dénaturent le vrai concept de l'Eglise et rabaissent cette œuvre divine au niveau des associations purement humaines ; et c'est aussi d'établir sur un fondement solide l'indéniable prééminence de cette grande organisation spirituelle sur toute autre institution sociale.
Nous avons mentionné plus haut le système de l'indépendance réciproque des deux puissances.
Léon XIII, dans un passage de sa grande encyclique sur la constitution chrétienne des Etats, en a fait hautement justice. Voici ses paroles: "Leur autorité (l'autorité de l'Eglise et de l'Etat) s'exerçant sur les mêmes sujets, il peut arriver qu'une seule et même chose soit, à des titres différents, soumise à la juridiction de l'une et l'autre puissance. La très sage providence de Dieu, qui a établi ces deux pouvoirs, a donc dû délimiter nettement leur champ d'action: les puissances ont été établies et réglées par Dieu. 1 S'il en était autrement, on verrait maintes fois surgir des conflits fâcheux ; et souvent l'homme hésiterait, perplexe et inquiet, tiraillé en sens opposés par deux puissances auxquelles il ne saurait, sans manquer à son devoir, refuser d'obéir. Or, il répugne souverainement que la sagesse et la bonté divine autorisent un tel désordre, alors