‹ Droit public de l'égliseChapitre 11 sur 241 · Id., pp. 32 et · texte numérisé non relu

Id., pp. 32 et

4, Cavagnis, ouv. cit., nn. 163-164

plenient de ratifier l'élection déjà faite, mais d'en être, par son: initiative et ses manœuvres, l'ouvrier principal \ Henri IV, plus audacieux encore, devait aller jusqu'à placer la tiare sur la tête de deux antipapes *".

En face de tels procédés et d'agissements laïques de plus en plus menaçants pour sa liberté, quel était, pendant cette première phase de l'histoire électorale des Papes, le sentiment véritable de l'Eglise? Approuvait-elle, comme une prérogative innée de l'Etat, l'action de ses représentants dans l'élection papale? Tolérait-elle du moins, sans aucun effort pour rompre ses liens, cette gênante et compromettante immixtion dont elle était la victime?

C'est ici qu'il importe de tracer avec précision une ligne démarcative entre le droit et le fait.

jamais l'Eglise, par ses organes, ne reconnut au pouvoir civil le droit de prendre, de son chef, et sans y être autorisé par ellemême, une part quelconque aux élections pontificales. Loin de là: en maints décrets relatifs à ce grave sujet, elle affirma le principe de sa parfaite et suprême indépendance ^. Et des princes mus par l'esprit chrétien n'hésitèrent pas à appuyer cette doctrine de tout le poids de leur autorité. Même lorsque prévalut la pratique contraire, et que les chefs d'Etat prétendirent un rôle dans le choix et l'intronisation des Pontifes romains, il arriva plus d'une fois aux électeurs de passer outre, d'élire et de faire consacrer le nouveau pape sans attendre l'approbation impériale *.

C'était leur droit.

Trop souvent, l'histoire l'atteste, les actes de la puissance politique dans ce domaine ne furent que d'inexcusables abus de pouvoir. Souvent aussi, il faut bien l'avouer, l'Etat s'autorisait d'une large et patiente condescendance de l'Eglise ^. Cette conduite

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