‹ Droit public de l'égliseChapitre 12 sur 241 · Ibid., nn · texte numérisé non relu

Ibid., nn

5. Saint Thomas (Somme théol, ll-Hœ, Q. LXVII, art. i ad 2) fait remarquer que le Pape en certaines choses peut, à l'exemple de Notre- Seigneur, se soumettre librement au jugement d'un pouvoir inférieur.

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débonnaire de Tautorité religieuse répondait aux exigences du temps ^ et paraissait en quelque sorte imposée, tantôt par la crainte de provoquer de violentes ruptures, tantôt par le besoin d'entretenir des amitiés précieuses et de s'assurer une protection efficace. A une époque où les mœurs publiques portaient encore l'empreinte vivace de la barbarie, la lutte acharnée des partis autour du Siège de Saint-Pierre rendait fréquemment utile, parfois même nécessaire, la tutelle d'une puissance armée et redoutée.

Ce fut donc pour sauvegarder, en ce qu'elle a d'essentiel, la liberté d'élection de son chef que l'Eglise, sans rien sacrifier de l'intégrité des principes juridiques, crut opportun de tolérer, dans la pratique, quelque amoindrissement de cette même liberté. Mais le jour où, dépassant toute mesure et toute limite, les princes pris d'orgueil voulurent s'emparer de l'élection papale ellemême, la Papauté htuniliée se redressa dans toute sa puissance, et, par une réforme vigoureuse, réussit à se dégager de l'étreinte césarienne.

Ce fut un geste sauveur; et l'idée libératrice qui le dicta est due à un moine de caractère et de génie, le futur Grégoire VII ~.

En quoi consistait cette réforme salutaire? — dans Torganisè* tîon d'un corps électoral nouveau, d'un collège cardinalice seui chargé de pourvoir à la vacance du siège pontifical. Et c'est ainsi que nous entrons dans la seconde période historique de l'élection des Papes, marquée par l'institution et le fonctionnement régulier du Conclave.

Ebauchée en 1059, par le pape Nicolas II, sous l'inspiraion d'Hildebrand, la nouvelle législation reçut son complément, au siècle suivant, du pape Alexandre III ". Par cette double constitution apostolique, l'élection du pontife romain était remise entre les mains d'une élite ecclésiastique. Groupées en un solide faisceau, les voix électorales offraient à la division moins de prise;

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