CHAPITRE PREMIER
DROIT DlC Iv'ÉGTJSE AUX BIENS TEMPORELS
L'Eglise n'est pas, comme l'ont soutenu certains hérétiques, luie simple communauté d'âmes reliées entre elles par une cliaîne mystique, et formant, sous les influences de l'Esprit invisible, un royaume étranger à toutes les conditions du monde extérieur et
' à toutes les manifestations de la vie terrestre.
I Société faite pour les hommes, elle vit dans la sphère du temps^ dans les limites de l'espace, dans les complexités d'un milieu où
i cohabitent l'esprit et la chair, et où l'ordre spirituel s'ajoute et se marie à l'ordre matériel. Elle ne peut pas ne point subir les nécessités que lui impose cette association d'intérêts et cette solidarité de fortune. Les biens temporels sont nécessaires à l'Eglise, comme l'action du corps est nécessaire aux fonctions de l'âme, comme les sens sont nécessaires à l'exercice régulier des facultés morales et intellectuelles. Pas de culte complet sans temples et sans autels, pas d'autels sans prêtres convenablement sustentés, pas de prêtres sans institutions où ces hommes choisis se recrutent, et sans instruments par lesquels ils accom]>lissent leur ministère sacré.
C'est à la fois de son auteur même et de sa propre constitution ([ue la société religieuse tient ce droit, indispensable à son existence, sur les biens temporels. <' Le droit de posséder résulte du droit que l'on a d'exister et de se conserver \ » Dès lors donc que l'Eglise a reçu de son fondateur le droit de vivre, et, avec ce privilège, l'éminente prérogative de société souveraine et juridiquement parfaite, elle jouit d'un double titre, primordial, de propriété matérielle^. Volonté divine, perfection sociale: voilà deux