Ibîd., n
3. Il en est autrement du droit d'acquérir et de posséder qu'ont les particuliers, et que l'Etat, d'après les théologiens et les économistes les plus réputés, peut soumettre à des lois sages et à des mesures fiscales qui l'empêchent de dégénérer en un accaparement préjudiciable au bien commun. (Cf. saint Thomas, Som. théol. I-IIae Q. CV, a. 2 ad 3; Antoine, Cours d'économie sociale, 3e éd., pp. 559-567; Garriguet, Régime de la propriété, ch. V).
croyons, de nos jours surtout, plus imaginaire que réel \ Et fût-il véritable qu'il ne justifierait ni la négation du droit, pour l'Eglise, de posséder des biens temporels, ni la prétention, affichée par certains Etats, de restreindre et de réglementer ce droit, à Tencontre des vues de l'autorité religieuse.
Les titres mêmes, si justes et si authentiques, sur lesquels s'appuie la propriété ecclésiastique, devraient la mettre à l'abri de toute malveillance jalouse, et en imposer aux pouvoirs laïques le plus religieux respect.
Nulle fortune, privée ou publique, ne se rattache à des origines plus pures. Collectes, achats, prémices et dîmes, dons entre vifs, dots, fondations pieuses, libéralités testamentaires, telles furent, au témoignage de l'histoire ", les sources principales auxquelles l'Eglise, tout le long de son existence, puisa et alimenta ses ressources. Ni la ruse, ni les menaces, ni la violence, ni la guerre, ne lui servirent d'instruments dans cette acquisition de biens voués aux plus nobles usages. On donnait à l'Eglise par un sentiment Vf ai de ses besoins, par le désir aussi généreux que sincère d'honorer Dieu et ses saints, de s'assurer le secours reconnaissant d'abondantes prières, d'accomplir un vœu, de satisfaire à un devoir de gratitude, d'obtenir le pardon de ses fautes et la grâce de les réparer.
La générosité portait les noms de piété et de charité.
L'Ecriture ^ nous montre les premiers chrétiens faisant spontanément aux Apôtres l'hommage de leurs richesses, et subvenant, par de larges aumônes, à l'indigence de leurs frères. Les offrandes, sous formes diverses, affluaient dans les mains des prêtres ou au pied des autels. Beaucoup de clercs et d'évêques donnaient l'exemple de l'abandon total de leurs biens *. Des nobles
1. Cf. Taparelli, ouv. cit., note CXXIX. L'auteur y démontre que "les richesses de l'Eglise sont en mouvement comme toutes les autres, et qu'elles sont aussi utiles que toutes les autres à la société temporelle ".
2. Cf. Thomassin, ouv. cit. t. VT, 1. î ; Vacant-Mangenot, Dictionnaire de théologie catholique, t. II, pp. 850-853.