‹ Droit public de l'égliseChapitre 129 sur 241 · OuzK cit., p · texte numérisé non relu

OuzK cit., p

reuse, autant les biens immeubles offrent, par leur stabilité même, d'incontestables garanties de pérennité et de sécurité. Les j>articuliers les recherchent pour y asseoir de solides fortunes et pour perjxîtuer, parmi les membres de leurs familles, la richesse ou l'aisance. F^ourquoi trouver mauvais que l'Eg'lise soucieuse, non pas simplement du bien-être matériel de quelques personnes, mais du progrès moral d'innombrables populations de toute race, de toute classe et de tout rang, assujettisse à son usage et à l'entretien de ses œuvres des terres fertiles et de larges patrimoines ^ ?

En agissant ainsi, c'est d'un droit propre à toute association légitime qu'elle se prévaut : et, en gérant les biens qui lui sont confiés, c'est une fonction indépendante qu'elle exerce. Nous n'admettons donc pas qu'une autorité humaine quelconque puisse, de son chef, para;l3^ser ce droit et limiter cette fonction. D'aucuns l'ont prétendu : Mgr Cavagnis, toujours si modéré dans ses jugements, discute cette opinion et la condamne sans ambages. « L'Eglise, écrit l'éminent juriste ^, est une société supérieure à toute communauté civile. Ce n'est, partant, pas à l'Etat qu'il appartient de déterminer jusqu'où peut aller, dans l'Eglise, l'exercice du droit de posséder ^\ Et si, dans un cas particulier, la puissance séculière trouve vraiment exorbitant et sérieusement nocif l'exercice de ce droit, il lui sera loisible de faire à l'autorité religieuse de justes représentations. Cdle-ci, dans un esprit de paix et d'équité, prendra en considératon ces remarques et, s'il y a lieu, s'imposera à elle-même, dans la valeur et l'accroissement de ses l>ossessions, les limites qu'il serait irraisonnable de franchir. »■

Ce danger, du reste, d'une accumulation de richesses à la fois inutile à l'Eglise et dommageable aux intérêts sociaux, nous le

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