Billuart, Curs. théol., ibid
34 Sont, théol, ibid., art. 1 ad 5.
fruit de son vol, de sorte que le mal se répercutait à travers les générations, soulevant des procès inextricables, des querelles sans fin \ » L'Eglise eut beau protester et légiférer contre cet état de choses. La plupart des détenteurs inautorisés du droit de dîme refusèrent de s'en dessaisir et d'en déposséder leurs héritiers ^.
L'abus était criant. Et l'impression qui en résulta fut d'autant plus funeste que la dîme, très légitime sans doute, s'ajoutait aux charges nombreuses, onéreuses, souvent vexatoires, inchises dans le système féodal, et qu'elle en partageait, jusqu'à un certain point, l'odieux. On ne voit guère les esprits simplistes asseoir sur des distinctions leurs jugements. Ce fut le tort d'un trop grand nombre de confondre l'impôt décimal, motivé par un but absolument religieux, avec les autres redevances de tout genre et de tout usage dont gémissaient les paysans.
De cette confusion naquit le préjugé d'une Eglise riche, fastueuse, accablant le peuple d'impôts pour s'enrichir davantage et pour s'engraisser impudemment des sueurs du pauvre: préjugé injuste, l'histoire le démontre, mais exploité sans vergogne par la critique novatrice du seizième ^ et du dix-huitième siècle, et perpétué par l'irréligion et par la passion jusqu'à nos jours. Fatalement, la dîme perdait de son crédit. Et quand éclata sur le sol de France l'orage révolutionnaire, ce fut contre elle que les meneurs dirigèrent un de leurs premiers et de leurs plus violents assauts. Le clergé ne put la sauver. Entraîné lui-même par le torrent et victime de sa propre faiblesse, on le vit souscrire spontanément d'abord au rachat des dîmes, puis bientôt à leur suppression radicale '^.
Cette législation privait l'Eglise d'importantes ressources, à la fois légitimes et nécessaires. Et, fâcheuse pour la religion, elle ne constituait un gain (Taine ^ lui-même l'a reconnu) ni pour les