‹ Droit public de l'égliseChapitre 147 sur 241 · Bncyclopédie du XÏXe siècle, 4e éd., t. VIII, p · texte numérisé non relu

Bncyclopédie du XÏXe siècle, 4e éd., t. VIII, p

abaisser de façon notable le taux de la dime \ Par la voix de ses Conciles, de ses docteurs, de ses théologiens ^, elle n'hésita pas à, jeter le blâme sur ceux de ses ministres qui, dans l'exaction des dîmes, se montraient durs, outranciers, inhumains.

Le clergé, écrit saint Thomas 3, doit se soucier plus de promouvoir les iutérêts spirituels du peuple que d'en recevoir des secours matériels; et là où l'exercice du droit de dîme, soit pour cause de désuétude, soit pour d'autres raisons, peut être un sujet d'étonnement et une occasion de scandale, il Tatrt mieux s'en désister.

Les pauvres, à vrai dire, n'eurent jamais d'ami plus dévoué que le prêtre décimateur.

Que ne l'a-t-on mieux compris?

Ce n'est pas le lieu de retracer toutes les vicissitudes par lesquelles le régime des dîmes a passé, ni d'exposer en détail les causes plus ou moins complexes qui l'ont peu à peu fait déchoir.

Deux raisons, quoique indirectes, semblent expliquer assez le discrédit oii les dîmes tombèrent: la rapacité des seigneurs, et l'onérosité des charges féodales.

« Ce fut bien l'une des plaies les plus fâcheuses de la chrétienté au moyen âge, que l'usage des barons de se substituer à l'Eglise pour la perception de ses droits et d'accaparer à leur profit des revenus qui avaient une destination religieuse. Le fait se présenta fréquemment, cependant, et toujours entouré de circonstances odieuses, dont les deux principales étaient la spoliation par la violence ou la captation par népotisme, les bénéficiers concédant à leurs parents les dîmes qu'ils tenaient de l'Eglise. Ce qui achevait de donner au fait un caractère dommageable, c'est que l'usurpateur une fois nanti entendait faire profiter ses descendants du

1. S. Thomas, Sont, théol, Il-IIse, Q. LXXXVII, art. i ; Billuart. Curs. theol, t. VII, ÉHss. III, art. 4 (Lecoffre, 1895); Villien, ouv. cit., p. 340; Dictionnaire apologétique de la foi cath., Fasc. IV, col. 1108. "La dîme avait, en principe, pour mesure le rapport probable de la semence à la récolte. Mais en réalité, sous l'empire de la législation canonique, elle n'atteignit jamais le dixième du produit. Elle n'était souvent que du treizième, du quinzième, du vingtième, dans quelques localités du trentième, et même naoios encore." (Moulart, V Eglise et l'Etat, 4e éd., p. 586, Louvain, 1895).

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