Les Orig. de la Pr. cant., t. I, î. I, ch. i
Ces paroles de l'ilkhstre écrivain sont précieuses. Elles font voir et établissent que, dans une société bien organisée, l'inégalité des services rendus exige et justifie une échelle proportionnelle d'avantages et de situations.
Or, quoi qu'il faille penser de l'ancienne monarchie et de l'antique noblesse, et des défections sociales plus ou moins graves que bon nombre d'historiens leur imputent, une chose ne peut être contestée : c'est que le clergé, dans son ensemble, n'a point cessé d'être lui-même, actif, dévoué, attaché à ses devoirs, fidèle à sa haute mission d'utilité privée et publique. Et aujourd'hui comme hier, comme jadis, comme toujours, bien aveugles sont ceux qui s'obstinent à ne pas voir dans l'Eglise du Christ l'ouvrière principale, indispensable, de la grande œuvre civilisatrice.
Dans leur détresse, c'est vers cette Eglise que les esprits troublés et les âmes désemparées peuvent se tourner avec confiance. Dans leur angoisse, c'est à elle que les miséreux de tout genre peuvent, sans crainte de refus, demander sympathie et secours. Dans le conflit de classes suscité et envenimé par des convoitises ardentes et par des théories captieuses, c'est elle qui, de sa voix contenue et persuasive, prononce des paroles d'ordre, et ofïre les solutions les plus justes, les plus pacifiantes et les plus fécondes.
Le rôle nécessaire qu'elle joue dans le monde grandit avec les difficultés mêmes que l'influence de l'erreur et le mouvement des idées et des intérêts font surgir.
Les droits et les privilèges qu'elle réclame, et qui parurent autrefois si justifiables, n'ont, par suite, rien perdu de leur légitimité et de leur raison d'être,