Art
2. " Tous les monarques catholiques accordent au Saint- Père le premier rang et lui témoignent en fils fidèles les honneurs coutumiers, tels que le baisemain et autrefois celui de tenir l'étrier au Pape montant à cheval. Pour les puissances non catholiques, c'est une affaire de convenance dans l'intérêt de la paix et de respect personnel envers le Chef souverain de l'Eglise " (Heffter, Le droit international de l'Bttrope; paroles citées par Giobhio, Lezioni di diplomazia eccl., t. I, p. 157) .
D'après les juristes, « un des attributs essentiels de la souveraineté et de l'indépendance des nations est le droit de légation qui consiste dans la faculté de se faire représenter au dehors par des agents diplomatiques et consulaires, chargés de cultiver avec les autres nations des relations d'amitié et de bonne harmonie ^. » Certains écrivains modernes contestent au Pape ce droit ^ ; ils lui dénient, par cela même, son titre et ses prérogatives de souverain. Pour ceux, — et. Dieu merci, ils sont encore légion, — que l'éclat de cette royauté éclaire de toute sa lumière, le droit papal de légation active et passive ne peut faire aucun doute ^. Aussi bien, même des puissances hérétiques, même des gouvernements infidèles ont cru devoir nouer avec le Chef de l'Eglise des rapports diplomatiques. Et si la France, dans un accès d'humeur violente et d'irréligiosité sectaire, a osé rompre les liens qui l'unissaient depuis si longtemps au Saint-Siège, ce n'est qu'en méprisant les avis les plus sages, et en foulant aux pieds, avec ses traditions, les principes juridiques les plus sacrés, qu'elle a pu se rendre coupable d'une telle faute et assumer devant le monde chrétien une telle responsabilité.
Avec quel sens de haute politique des penseurs indépendants comme M. Ribot l'en ont blâmée ! « Même dépouillé, s'écriait réminent orateur du haut de la tribune française ^, même dépouillé comme il l'est de toute souveraineté temporelle, le Pape est encore un souverain. La loi des garanties l'a proclamé à la face du monde. Toutes les nations catholiques et même les nations protestantes le reconnaissent, elles ont des ambassadeurs ou des ministres auprès du Saint-Siège. » Et, accentuant davantage sa pensée, l'orateur ajoutait '' : « Pourquoi une nation protestante comme
1. Calvo, Le droit internatonal théorique et pratique (dans Giobbio, ouv. et /. cit, p. 178.)