Lecanuet, Montalembert, t. II, p
essentiellement identifié â la vérité du catholicisme, mais il est identifié à la sécurité, à la liberté et à la grandeur de l'Eglise, et quel est le catholique qui ait le droit de méconnaître ces conditions de l'existence de l'Eglise ici-bas? Les cathédrales, les temples, où l'on prêche le dogme et où l'on célèbre les sacrifices de la religion, ne sont pas la religion elle-même ; mais, que penserait-on du fidèle qui verrait démolir Notre-Dame de Reims ou Notre- Damfe de Paris en se croisant les bras, sous prétexte que la religion n'est pas atteinte, ou que l'on a pu préserver les hosties consacrées des mains du sacrilège? »
Témoin impuissant de l'invasion piémontaise, le comte de Chambord s'associait, du fond de sa retraite, à la conscience catholique indignée, et dans une lettre d'une haute inspiration, il écrivait ^ : « Quelle possession plus antique, plus légitime, plus digne par sa faiblesse même de tous les respects, plus souvent garantie par les traités, plus universellement proclamée nécessaire au repos du monde que le domaine temporel de la Papauté? Comment ne pas reconnaître dans cette œuvre des siècles une disposition de la Providence qui a voulu assurer par là au Chef de l'Eglise, source principale et centre vénéré de la civilisation chrétienne, l'indépendance spirituelle dont il a besoin pour remplir sa sainte et salutaire mission? Qui ne comprend qu'annuler un droit si sacré, c'est annuler tous les droits ; que dépouiller le souverain dans la personne du succesesur de saint Pierre, c'est menacer tous les souverains, et que renverser son trône dix fois séculaire, c'est saper le fondement de tous les trônes ? »
C'était bien là le langage d'un héritier des rois très chrétiens.
Plusieurs fois l'Allemagne catholique fit entendre, elle aussi, ses protestations courageuses contre les attentats de la révolution italienne, et nulle part son sentiment, et celui de toute l'Eglise,. ne se sont traduits avec plus de netteté que dans cette brève et concluante argumentation de Windthorst : " « Sans le Pape, il n'y a pas d'Eglise catoiqhlue. C'est pourquoi une Eglise libre n'est