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Les Contemporains: le Cte de Chambord, Ile Partie, p

2. Ibid., Windthorst, p. 8; cf. Bazin, lVindtho7'sf, ses alliés et ses adversaires, 7e éd., pp. 275-287.

pas jx>ssible sans un Pape indé|:)€ii(lant. Et cette indépendance ne peut exister sans une souveraineté absolue sur un territoire. »

Ces citations d'écrivains et d'orateurs laïques \ dont nous pourrions sans peine allonger la série, sont précieuses. Elles metteat en pleine lumière le caractère à la fois religieux et social de la question romaine. Elles démontrent en même temps par quelle vigueur de logique, et jusf|u'à quel degré de conviction, ridée de l'utilité, de l'importance capitale d'un domaine temporel pour le Paj)e, est entrée dans l'âme catholique.

Or, le sens catholique des fidèles est comme un miroir où sereflète l'enseignement commun de l'Eglise et de ses pasteurs.

Sans être précisément une vérité de foi, la nécessité (dans le sens où nous l'avons définie) d'une souveraineté territoriale du Pontife romain fait partie de cet ensemble de doctrines qu'on ne peut librement et impunément rejeter ^. Dès l'époque où elles'organisa, la puissance civile des Papes leur paraissait clairement et intimement liée à l'indépendance de leur action spirituelle. Ils la jugeaient utile, opportune; sans en faire l'objet d'un enseignement bien précis, ils prenaient, dans la pratique, les plus sûrs moyens de la maintenir, de la protéger, de la consolider ^. Quand,. dans l'âge moderne, l'esprit révolutionnaire tourna contre elle ses assauts, ce fut pour le Saint-Siège l'occasion de proclamer et de déterminer davantage * une doctrine jusque là implicitement acceptée et pacifiquement reconnue.

1. Nous nous abstenons de citer les ecclésiastiques de renom, tels que Mgr Plantier, le cardinal Pie, Mgr Dupanloup, dont les écrits et les protestations contre l'invasion des Etats romains eurent un si profond retentissement. — Cf.. Questions actuelles, t. LXXII, pp. 6-11.

2. Il y a, en effet, des vérités qui doivent être crues, parce qu'elles s'appuient immédiatement sur l'autorité irréfragable de Dieu; il y en a d'autres qu'il faut accepter, parce qu'elles ont pour garant l'autorité souveraine de l'Eglise. De ce nombre est la doctrine du pouvoir temporel des Papes, quoique, du reste, elle ait pour fondement le droit divin au moins naturel (Godts, Papa sit rex Romœ, pp. 26-28).

3. La vérité sur la question romaine par B. O. S., pp. 26-28 (Retaux- Bray, Paris). — Certaines propositions de Wiclef, condamnées par le Concile de Constance (1418), se rapportent au domaine temporel de l'Eglise romaine.

4. Syllabus, pp. 75-76; allocutions et encycliques de Pie VIT, de Pie IX, de Uon XIII, de Pie X.

Affirmée et réaffirmée en maintes circonstances, la nécessité du pouvoir temporel se présente à nos yeux dans une continuité de pensée et sous un revêtement d'expressions qui ont atteint toute la fixité d'une formule.

S'adressant aux archevêques et évêques du monde entier, Pie IX leur disait ^ : « Défendant constamment notre souveraienté civile, vous vous êtes fait gloire de confesser et d'enseigner que, par un dessien particulier de la Provid-ence divine qui gouverne toutes choses, elle a été donnée au Pontife romain, afin que, n'étant soumis à aucune puissance politique, il puisse exercer, dans la plus entîère liberté et sans aucun empêchement, dans tout l'univers, la charge suprême du ministère apostolique qui lui a été •divinement confiée. »

Cet enseignement de l'épiscopat catholique, lequel n'était, au fond, qu'un écho fidèle de la pensée du chef de l'Eglise, Pie IX n'a cessé tout le long de son pontificat, et dans les termes les plus solennels, de le faire retentir aux oreilles des rois et des peuples.

Léon XIII, reprenant le même thème, déploya, en le commentant, la même énergie. « Ce n'est pas, disait-il dans une de ses ■encycliques ", sans une disposition spéciale de la providence de Dieu que l'autorité de l'Eglise a été munie d'un principat civil •comme de la meilleure sauvegarde de son indépendance. »

Pie X à son tour était à peine monté sur le trône de Saint- Pierre qu'il s'écriait ^ : « Il est nécessaire, et les intérêts de la chrétienté réclament que le Souverain Pontife, dans le gouvernement de l'Eglise, soit et paraisse libre et indépendant de toute puissance temporelle ; aussi, la conscience de notre devoir et la sainteté du serment qui nous lie, nous obHgent à protester contre l'injustice très grave qui, à cet égard, a été commise contre l'Eglise. »

Tel est, tel a été sur le domaine civil des Papes l'enseignement catholique autorisé. Et ce n'est, certes, pas sans raison que les •Chefs de la hiérarchie, en défendant avec tant de force cette ins-

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