Dict. de théol. cath., t. III, col
Rien, du reste, n'indique que Tagrément des gouvernements temporels, ainsi recherché et solhcité par l'Eglise, fût considéré comme une condition nécessaire, comme un élément juridique et indispensable des conciles. L'Eglise avait le devoir de se montrer prudente; elle ne pouvait ni ne voulait autoriser une erreur de droit \ Et la preuve, c'est que, en maintes occasions, elle célébra des conciles auxquels de puissants princes faisaient opposition ^, et qu'elle s'opposa elle-même à la tenue d'assemblées conciliaires projetées, sous l'impulsion d'un zèle jaloux ou d'un nationalisme suspect, par d'ambitieux monarques ^.
Que s'il n'appartient point à la puissance politique de convoquer de telles assemblées, elle n'a pas davantage le droit de prendre part à leurs délibérations. Et c'est par une faveur particulière de l'Eglise, faveur due à des circonstances de temps ou à des considérations de personnes, que la porte de la plupart des conciles oecuméniques et de plusievirs conciles nationaux fut ouverte aux empereurs et aux princes catholiques *.
La présence, au sein des conciles, de ces hauts dignitaires civils à côté des personnages les plus considérables de l'Eglise, évoque tout naturellement une question dont les hérétiques ont
1. Cf. Ville Conc. œcum., car». 17 (Dict. de théol. cath., t. III, col. 1288- 1290). — Rappelons ici que Pie IX, en face de l'attitude hostile ou indifférente de presque toutes les puissances catholiques à l'égard de l'Eglise, crut plus sage de ne pas inviter, au moins directement, les princes laïques au concile du Vatican (Sylvain, Hist. de Pie IX, t. III, 3e éd., p. 2), Toutefois, ni les souverains ni leurs ambassadeurs n'étaient exclus de l'assemblée à laquelle ils eussent été admis sur demande (voir Em. Ollivier, l'Eglise et l'Etat au Concile du Vatican, 3e éd., t. I, pp. 23-24, 508-510) ; et c'est à tort que l'écrivain libéral (pp. 25-26) interprète la décision du Saint-Siège, imposée au Pape par les circonstances, comme un désir de consommer la rupture de l'Eglise avec la société moderne.
2. Tel le premier concile de Lyon (13e Concile œcuménique) qui porta une sentence de déposition contre l'empereur Frédéric II. — C'est donc en contradiction avec la doctrine catholique qu'il a été décrété dans les articles organiques du Concordat de 1801 (Tit. T, art. 4) : "Aucun concile national ou métropolitain, aucun synode diocésain, aucune assemblée délibérante n'aura lieu sans la permission expresse du gouvernement ". (Voir Hébrard, Les articles organiques devant l'histoire, le droit et la discipline de l'Eglise, pp. 453-469.)
3. Voir Sylvain, Hist. de saint Charles Borromée, t.I, pp. 109-110.