Oiw. cit., p. 8i
2. C'est le cas de toutes les Eglises hérétiques ou schismatiques. Parlant de la création des évêques dans l'Eglise russe, voici ce que dit un auteur récent (Gondal, l'Eglise russe, p. 51, 7e éd., Bloud, 1905): "Depuis l'établissement du Saint-Synode, les évêques sont bien réellement et exclusivement nommés par l'empereur. Le synode se borne à présenter trois noms et à contresigner les nominations impériales, vaines et insignifiantes formalités, et depuis le jour de son élection jusqu'à la déposition ou la mort, l'évêque demeure l'humble sujet de l'empereur et l'exécuteur docile de ses toutes-puissantes volontés. '' "
3. Les évêques devaient être élus par le peuple et ne pouvaient s'adresser au Pape pour en obtenir aucune confirmation (Tit. II, nn. 3 et 19; voir Mailfait, La const. civile du clergé, Bloud, Paris.)
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ht Concordat de 1801, en déclarant le Pape seul détenteur du droit d'institution canonique, sauva l'Eglise de France de Timmense péril qu'elle avait couru. Napoléon, qui l'avait signé, aurait voulu en détourner le sens, et transformer cet acte important en instrument de domination politico-religieuse. C'est ainsi qu'en 18 10, peu soucieux des sentiments et de l'autorité du Saint-Siège, il nomma au siège archiépiscopal de Paris le cardinal Maury. Celui-ci, fort du suffrage impérial et sans attendre la confirmation papale, prit de suite les rênes de l'administration. Pie VII. de sa prison de Savone, adressa au cardinal une lettre sévère, interceptée, il est vrai, "par les agents de l'empereur, mais qui finit par être promulguée : elle signifiait au prélat coupable un refus de juridiction ^.
Sur ce principe donc de l'investiture canonique, pas de compromis possible; et le Saint-Siège, en la conférant, n'entend pas (nous l'avons dit) faire œuvre seulement d'autorité, mais de discernement. Même alors qu'une main royale lui présente des candidats, il n'est ni ne s'estime « collateur forcé » en tous les cas et pour tous les sujets. C'est ce qui explique pourquoi « Innocent XI, et son successeur tout comme lui, refusèrent leurs bulles aux ecclésiastiques qui avaient pris part à l'assemblée gallicane de 1682 et dont le roi de France prétendait faire des évêques, à tel point que, de ce chef, trente-deux diocèses se trouvèrent vacants ^;)) pourquoi encore la Cour romaine jugea toujours contraire au pacte napoléonien la clause des articles organiques ^ remettant aux soins de l'Etat l'examen décisif des candidatures épiscopales; pourquoi enfin, lorsque Combes voulut imposer au Pape, sans entente préalable, ses candidats à l'épiscopat, ce fut lui, et non le Saint-Siège, qui viola le concordat et prépara ainsi la rupture entre Rome et la France ^.
1. Cf. Giobbio, Les. di dipL eccl, vol. Il, pp. 114-119; Cantiniau, ouv. cit., pp. 218-219.