L. Crouzil, Traité de la police du culte, p
effective à la célébration du culte divin’. Le culte dépend de lui; de lui également doivent dépendre les emplois reliés, par un concours direct, aux fonctions cultuelles. Et si, en quelque endroit, la législation ou l'usage autorise la fabrique à désigner elle-même les serviteurs dont on a besoin, les fabriciens, selon nous, ne peuvent ni ratifier ni imposer le choix de personnes que le curé refuserait d’agréer : ce choix suppose non seulement des aptitudes techniques, mais aussi des qualités et des conditions morales nécessaires, et dont personne n’est plus en état de juger avec pertinence que l’Evêque ou le curé.
N'oublions pas le principe déjà énoncé en ces pages et qui régit toute cette matière: l'Eglise, dans un édifice voué au culte, est chez elle, et le bon sens même demande que sa parole y fasse loi. N'y a-t-il pas lieu de trouver étrange que tant d'obstacles lui soient suscités, et que sa juridiction et son action, si bienfaisantes et si fécondes, soient néanmoins si souvent méconnues, éludées ou méprisées ?
En quelques pays observe M5 Cavagnis *, la loi contraint les catholiques à ne professer leur religion que dans des temples à culte mixte, soit qu’elle leur interdise la construction d'églises nouvelles, soit qu’elle les prive de l'usage exclusif de celles qu’ils possèdent et qu’elle les force à y admettre des cultes dissidents.
C’est là une injustice flagrante, et où nous voyons tout ensemble la négation d’un droit et la spoliation d’un bien.
Placée en ces conjonctures, l'autorité ecclésiastique se plie sans doute, par nécessité, aux conditions de temps et de lieu qui lui sont faites. Elle ne saurait, toutefois, ne pas protester contre cet état de choses. C’est une situation fausse et qui, sans être intrinsèquement immorale, entrave la liberté religieuse, provoque aisément des conflits, et entraîne fatalement certains dangers de scandale, de scepticisme et d’incrédulité.