Som. théol., end. cit
peut être considéré, soit comme moyen de subsistance personnelle, soit comme moyen d'assistance commune et de bienfaisance sociale.
Dans les desseins de Dieu, l'homme doit vivre de son travail. Le travail est particulièrement nécessaire au pauvre et à l’ouvrier, parce que le pauvre et l'ouvrier « ont besoin du fruit de leur labeur pour conserver leur existence, et qu’ils doivent la conserver pour obéir aux ordres irréfragables de la nature‘ ». C'est pourquoi, d'après saint Thomas*, le travail envisagé à ce point de vue «tombe sous un précepte rigoureux, dans la mesure même où les besoins et les exigences de la vie le requièrent ».
On ne peut en dire autant du travail considéré au point de vue social ou en raison des ressources qu’il produit et par lesquelles il permet de faire plus ou moins largement l’aumône et de contribuer à des œuvres plus ou moins importantes de charité et de bienfaisance. L'obligation, en ce cas, et abstraction faite des conditions et des nécessités d'ordre moral qui peuvent parfois l’imposer, ne saurait être, semble-t-il, qu'accidentelle *. Toutefois certains motifs, tels que de meilleurs exemples à donner, des secours plus considérables à distribuer, font toujours du travail, pour les classes riches elles-mêmes, sinon une obligation de charité, du moins un devoir de haute convenance. C’est dans ce sens que nous souscrivons aux paroles de M. L. Garriguet *: « Le riche oisif n’a pas le droit de se croire quitte envers la société parce qu’il a payé le juste prix de ce qu’il a consommé. Il ne suffit pas qu’il paie de son argent, il doit payer de sa personne; l'équité demande que, en échange de ce que ses semblables font chaque jour pour lui, il fasse aussi lui-même quelque chose pour eux. Qu'il ne travaille
1 Léon XIII, encycl. Rerum novarum.