Régime du travail, I, p
pas de ses mains, s’il le veut; mais qu’il travaille en s’adonnant à des occupations libérales qui lui permettront d’être un homme utile, sans créer cette concurrence qui effraie les économistes. Qu'il ne donne Pas, au milieu d’un monde qui peine, travaille et souffre, l'irritant spectacle d'un être désœurré, oisif, ayant tout en abondance, alors qu’autour de lui, parmi ceux qu'il éclabousse de son luxe, il y a une multitude de malheureux. »
Ces considérations suffisent, croyons-nous, pour nous faire apprécier dans toute sa justesse la conception chrétienne du travail. Elles nous montrent en même temps de quels principes élevés s'inspira dès sa naissance, et en toutes les phases de son histoire, l'Eglise catholique dans sa conduite si loyale et sa sympathie si généreuse vis-à-vis des travailleurs.
Cette attitude, au vrai, lui était dictée par l’exemple et le souvenir le plus cher, par les actes inoubliables et incomparablement beaux de Celui qui est à la fois son Fondateur et notre Modèle. « Jésus-Christ vient au monde, il grandit dans la maison d’un charpentier, il est charpentier lui-même *, et l’on montrait au deuxième siècle de notre ère, selon le témoignage de saint Justin, des charrues que ses mains divines avaient fabriquées. Dès lors, le travail est réhabilité ?, »
Le Christ choisit ses apôtres parmi les faiseurs de tentes et les jeteurs de filets. Ils feront désormais des tentes pour abriter le peuple de Dieu et ils jetteront des filets Pour y attirer les âmes repentantes, sans toutefois délaisser leur métier primitif. Quel noble exemple d'humble travail manuel offert aux générations chrétiennes par saint Paul! « Ces mains, dit-il lui-même”, ont Subvenu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. » Et combien efficaces pourront être, ainsi appuyées du langage des faits, les paroles que le grand apôtre adresse aux Eglises nouvelles, et où