‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 187 sur 260 · Discours, t. I, pp · texte numérisé non relu

Discours, t. I, pp

pris qu'il y a des classes supérieures aux autres, et que cette inégalité même est une condition nécessaire de l’ordre social ; mais la religion m’enseigne que la supériorité des uns leur crée envers les autres des devoirs particuliers, que ceux qui sont en haut ont charge de ceux qui sont en bas: charge de leur âme, charge de leur intelligence, charge de leur corps ; que la supériorité ne leur a été donnée que pour cela, et que s'ils laissent perdre, en en jouissant sans les faire fructifier au dehors, les dons qu'ils ont reçus, ou s'ils viennent à en mésuser pour corrompre ceux qui leur sont confiés, ils manquent à leur mission et trahissent la Providence. » L'orateur appelle les hommes de bien dont il décrit le programme, ou qu’il s'efforce de susciter, «les 1 - -iateurs de la paix, les artisans de la réconciliation sociale! . Ils ne sont peut-être pas nombreux; qu'importe le nombre? «Les foules n’ont jamais frayé le chemin des grandes idées ; elles le suivent, après que des hommes de dévouement l'ont péniblement tracé au prix de leurs sueurs, quelquefois de leur sang répandu ?. »

Le rôle assigné aux classes aisées, dans l’œuvre du rajustement social, peut varier selon les ressources et selon les aptitudes. Chacun ne donne que de sa propre abondance.

Il en est qui ont reçu du ciel, soit par voie de naissance, soit par labeur personnel, les biens de la fortune. De ceux-là, nous devons dire qu’une grave obligation de charité leur incombe : celle de l’aumône, Résumons, par les paroles mêmes de Léon XIII *, l’enseignement de la théologie à ce sujet: « Nul assurément n’est tenu de soulager le prochain en prenant sur son nécessaire ou sur celui de sa famille, ni même de rien retrancher de ce que les convenances ou la bienséance imposent à sa personne: nul, en effet, ne doit vivre contrairement aux convenances. Mais dès qu’on a suffi-

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