Léon XIII, encycl. cit
à y voir. Par conséquent, le travail ouvrier pas plus que le travail patronal ne saurait être considéré, ainsi qu'on l’a prétendu, comme une fonction sociale. Il n'est pas plus fonction sociale que la propriété, et pour des motifs analogues. Sans doute, la société y est intéressée, comme à tous nos actes; mais de soi, et par nature, le travail est acte individuel et persc. nel . »
On agite en divers milieux la question des assurances et des pensions ouvrières constituées par l'Etat à même le salaire des ouvriers et les ressources des patrons. C'est là, à notre humble avis, une appropriation regrettable, une mesure qui atteint le libre usage des biens individuels et que, pour l'ordinaire, nulle raison Pressante et nulle nécessité suffisante ne semble justifier. Les meilleurs sociologues la condamnent.
L'assurance obligatoire, dit le Père Vermeersch ?, « entame la libre disposition d’une propriété sacrée entre toutes, le salaire ». Et « nous estimons, ajoute cet écrivain”, qu'une obligation nouvelle ne peut être sagement promulguée, que si elle apparaît nécessaire au but, et si l'importance du but rachète l'emprise faite sur la liberté». — Parlant des pensions ouvrières, l’auteur belge écrit ‘: « Dans la réalité des choses, la préparation lointaine de rentes pour la vieillesse relève directement de la prévoyance privée et individuelle. En temps normal, le travail de l’homme robuste doit produire de quoi payer une assurance convenable contre l'invalidité. Une raison de reconnaissance et d'équité poussera cependant le chef d'industrie à récompenser par des subventions les longs et loyaux services de ses employés. Puisque, d’ailleurs, un grand bien social est attaché au développement de l'esprit de prévoyance et à la diminution de la misère, l’organe de la société
1. Fontaine, ibid., p. 259. — Sur le libre jeu de l'offre et de la demande, voir L. Durand (Quest. act. t. CXIII, pp. 232-33).
2. Manuel social, éd. cit., p. 247; — cf. Monetti, Prob. var. di Sociol. part. PP. 159-166.