L'Eglise et l'Etat, p. 503 (4e éd
5. Nous devons entendre par là des représentations respectueuses, non des revendications d'un droit propre à l'Eglise.
meté les lois établies pour garantir au mariage la sainteté et la dignité de son institution divine, saura tenir compte -l: : ätat des mœurs, des exigences du temps, des besoins de la .sciété :. »
Nous nous trouvons ici en présence de deux hyp :théses.
Y at-il, dans un pays, catholicisme d'Etat? On a aiors tout droit et toute raison de s'attendre à ce que l'entente entre les deux Pouvoirs, sur les questions de mariage, se fasse en quelque sorte d'elle-même. C’est l'effet logique et normal d’une situation naturelle. L'intérêt et l'honneur d’un gouvernement catholique l'obligent à recevoir et à sanctionner légalement les statuts matrimoniaux établis par l'Eglise. L'Eglise, de son côté, lorsque des raisons suffisantes l'y invitent et que seules ses propres lois sont en jeu, n'hésite pas à accorder toutes les dispenses requises. Elle ira même, comme cela s’est vu, jusqu’à reviser et modifier sa discipline et jusqu’à restreindre l'étendue de certains empêchements de droit ecclésiastique *, non précisément pour plaire aux puissances laïques, mais pour donner suite à des suggestions utiles et pour faire face à des besoins reconnus.
Nous le répétons, entre deux pouvoirs officiellement unis, l'accord doit être facile. Malheureusement, aujourd’hui, la plupart des puissances chrétiennes sont en état de rupture avec le catholicisme et avec le droit catholique. On prétend, — et plût au ciel que cette affirmation fût sincère, — on prétend ne s'inspirer dans le gouvernement des peuples, que des principes du droit commun et d’une franche et entière liberté d’opinion et de religion.
Nos lecteurs savent * ce que nous pensons de cette liberté tant
1. C'est ce qu’enseigne Léon XIII, lorsqu'il dit: “ L'Eglise catholique n'a jamais rien décrété sur le mariage sans avoir égard à l'état de la société civile et à la condition des peuples, et elle a plusieurs fois adouci, lorsqu'elle l'a pu, les rigueurs de ses lois, quand il y avait pour le faire des causes graves et justes” (encycl, Arcanum).
2. Cf. Giobbio, ouv. et vol. cit., pp. 186-187. L'auteur (app. n. IX) reproduit les demandes de réduction et même dc suppression de certains empêchements matrimoniaux, présentées au Concile du Vatican par les Evêques de plusieurs pays.