Nous ne par
politiques du pays lirent avorter, (CE. L'abbé 1 ne Fnstrité publique
par l'abbé Aug, Gosselin, mémoire d : té Rovale du Canada, 1007).
9. Voir Les noces d'or de l'école n ae Levai par un Comité d'anciens éleves, rre P., ch I1T:— aussi le récent ouvrage de NM l'abbé Ad. Desrosiers, Les Ecoles nor; s primaires de la Province de Québec (Montréal, 1909),
En 1859, un rouage très important tut ajouté à notre système scolaire par la création d'un Conseil de l'Instruction publique. Ce conseil, divisé par une loi subséquente en deux comités, l’un catholique, l’autre protestant, devint en 1875 l'objet d'une réorganisation dont la religion n'a eu qu'à se louer. Les évêques de la province de Québec furent admis au Comité catholique en leur qualité officielle de représentants de l'Eglise, et depuis cette date ils y siègent, sous la présidence d'un surintendant nommé par le gouvernement, à côté de membres laïques dont le nombre ne doit jamais excéder celui des membres ecclésiastiques.
J'ai dit: sous la présidence d’un surintendant ; mais l'histoire de ce personnage remonte plus haut que le cons-il. Dès l'origine de l'organisation scolaire actuelle, un officier publie, M. le D' Meilleur, était chargé d'en surveiller le fonctionnement. Cet homme de bien, dévoué de tout cœur et de toute m"nière aux intérêts de l'édu cation, fut remplacé en 1855 par l'hon. M. Chanveau. Et, lorsque, en 1867, l'acte confédératit des provinces vint donner aux condi tions de l'œuvre scolaire une nouvelle forme juridique, M. Chauveau, devenu premier ministre de la province de Québec, devint en même temps, moins par la logique du droit que par l'évolution des faits ministre de l'Instruction publique en cette province. Les foncrions de surintendant étaient du coun supprimées C'est sous l'aininistration de l'hon, M. de Boucherviile que, par une louable rétrogre-sion, la surintendance fut rétablie et le ministère de l’Instruction publique aholi.
La période d'organisation de notre enseignement primaire était close.
Nous sommes entrés, depuis, dans une ère d'indiscutable avancement !. Le nombre croissant des communautés enseignantes d'hommes et de femmes, la formation plus sérieuse des maîtres et des maîtresses, l'augmentation de l'octroi gouvernemental fait aux écoles, l'allure progressive des programmes, la fréquentation scolaire accrue, le nombre des illettrés diminué, le matériel des écoles perfectionné, tout démontre que nous marchons ?. it ce progrès
1. Cf. L'éducation dans la pros. de Québec. Discours di lhon. M, Flynn, remier ministre, IN07: Discours sur la loi de l'Enstruction publique, prononcé ; que,
par l'hon., M, Chapais devant le Conseil législatif, 10 janv. 1898: Discours sur
l'Instruction publique, prononcé à l'Assemblée législative de Québec, par Fhon, M. R. Roy, 1906: = aussi, Rapport du Surintendant de l'instruction publique 1901, pp. 3-17, et /lorneur à la Pro, de Québec, par C +, an, 1903
2. Certains censeurs de l'éducation, telle qu'elle se donne dans tre pi
periorite ire de l1 province, en majorité protestante et anglaise, de l'( Mntario, Or, s'il faut en croire les rapports statistiques officiels (voir Statistics of the Dominion ot Canada, Education, 1008), la province de l'Ontario ne l'emporte en matière
scolaire sur celle du Québec que
vince catholique et française, se plaisent à proclamer la su
par le nombre des élèves, vu qu'elle est plus
de bon aloi n’est pas le fait exclusif de l'instruction primaire ; nous le voyons entraîner dans son essor les programmes et les méthodes de l’enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur !.
Est-ce à dire que le système scolaire de la province de Québec ne laisse rien à désirer ? — Nous voudrions, en l'appréciant, nous tenir également éloigné d'un pessimisme chagrin et d'un optimisme décevant.
Prétendre tout d'abord que, dans notre organisation de l'instruction publique, les droits des parents et l'autorité de l'Eglise sur l'éducation des enfants sont ignorés, serait une assertion gravement inexacte.
Nos commissions scolaires, issues en gén ral du suffrage des pères de famille, ont précisément pour tâche, dans l'œuvre éducatrice, de les représenter, Et la loi qui confère à ces contissions des pouvoirs très étendus ? concernant l'administration locale des écoles, leur condition matérielle, leur fonctionnement intellectuel, reconnaît en même temps aux ministres du culte le droit de surveiller l'enseignement au point de vue religieux et moral ? Ce système, pour n'être point strictement paroissial, n'est pas cependant sans rapport ni sans analogie avec le gouvernement des paroisses, Audessus des bureaux particuliers d'éducation siège le Conseil de l'Instruction publique auquel est dévolue la haute direction du mouvement scolaire, et dans lequel évêques et laïques ont pour attributions de faire, en ce qui regarde la régie des écoles, les livres et les programmes, l'inspection, les écoles normales, etc., des règlements conformes aux vrais intérêts de la religion et aux justes désirs des parents chrétiens,
Il y a dans ce régime des gages de liberté, et des éléments d’autonomie religieuse qu'on ne saurait méconnaitre, et que des libres penseurs constatent avec regret ! Kit voilà pourquoi, sans se dissimuler les défauts qui le déparent, nos évê jues depuis cinquante ans ne lui ont jamais inarchandé leur Sympathique Concours. Citons
ce passage de leur lettre collective de 1804 * : «C'est pour l'Eglise populeuse, et par les sonimes d'argent « ecpensees, ce qui est loin Ëre pour établir le niveau de Fédu 1 dans Days, Quant au nombre des écoles et des maîtres ainsi qu'à la moyenne de l'assiduité des élèves à l'école, c'est Quél qui tient Le premier ra
1. CF, l'abbé Cam. Roy, 1 n Î PA de cotpitenmuire tre ich TEITA
>, Cf. Paul de Cas s, Code ‘ ‘ t Oucbec, 100.
3. lbid,, nn. 73 et 213 | 9 Nicgfried, Le Canad 1, Les deux races Pp. 00-03
5. Mandements, vol. VIEIL p 118 Voir li proposition ad iptée par le Con-
i i 3 (Sept 113) à propos de la mort de M, de Boucherville,
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une joie légitime de voir fonciionner ici un système d'éducation, qui, sans être absolument parfait et sans réunir peut-être toutes les conditions désirables, repcse cependant sur une entente cordiale entre l'autorité civile et l'autorité ecclésiastique, et ménage à cette dernière, dans l'approbation des maîtres et des méthodes, une part d'influence propre à sauvegarder les intérêts sacrés de la famille, de la conscience et de la foi. Puisse cette influence grandir encore, au lieu de s’affaiblir !»
Toute favorable qu'elle est, cette appréciation fait pourtant des réserves, et l’Episcopat canadien donne clairement à entendre que notre système scolaire est susceptible d'amendements. C'est qu’en effet, malgré les pouvoirs et les avantages qu’il acco-de à l'Eglise etaux parents, ce système dépend encorc plus que de raison de l’autorité de l'Etat. Non seulement l'Etat nomme le surintendant et les membres laïques du Conseil de l'Instruction publique, mais c’est lui qui par son approbation met en force les décisions de ce Conseil ; c'est lui encore qui nomme les inspecteurs d'écoles, ainsi que (sur la recommandation du Conseil) les professeurs, les directeurs et les principaux des écoi's normales: c'est lui qui ouvre aux élèves la porte de ces institutions !,
En face des problèmes que soulève cette situation scolaire, deux Couran* d'iiées très discordantes se dessinent et s’accentuent chaque jour davantage dans l'opinion publique canadienne. Pendarit que les uns désirent améliorer , en le soustrayant de plus en plus aux agissements politiques, notre système d'éducation, d’autres, sous de subtils prétextes, se dunnent un mal infini pour le détériorer en le marquant de cette empreinte de laïcisme dont l'Europe nous offre de si douloureux : xemples.
Des infliiences d'origine distincte contribuent à développer cette tendance.
L'école publique no confessionnelle qui règre aux Etats-Unis, et dont s'accommode si bien le libéralisme protestant, rayonne par l'éclat trompeur de sa gratuité et de ses méthodes jusque sur le Canada. D'autre part, le sentiment prévaut parmi les Anglo-canadiens, —et cette idée n'est peut-être pas loin de sourire à certains Canadieus-français d'un patriotisme douteux, — qu'il importe au bien du pays que les diverses races, dont se compose la population globale du Canada, se fusionnent peu à peu dans un même moule et d'après un même type. Ce type, c'est l'esprit moderne, plus préoccupé des intérêts de la terre que de ceux du ciel: ce moule, c'est l'école neitre ouverte À toutes les nationalités et à toutes le croraices. Et nous soupçonnons fort In Sociélé d'éduca-
ñn. 40 du Code
rnomert FROMONL.
tion du Dominion, — association interprovinciale fondée en 1891, — d'avoir eu dès l'origise pour but ultime d’abaisser les frontières qui protègent en certaines provinces l'autonomie de l'école catholique et de propager insensibiement parmi nous l’idée de la neutralité scolaire et de l’enseignement par l'Etat 1.
Quoi qu’il en soit de ces influences écloses sous le souffle protestant, il est un autre foyer de laïcisme plus redoutable encore pour nos écoles : c’est celui qui sévit en France, et dont la flamme projette au loin sa lueur néfaste.
L'Europe exerce sur nous une sorte de fascination. Déjà, ily a un demi-siècle, l'idée dominante dans les sphères officielles françaises de l’enseignement d’ Etat avait séduit quelques-unes de nos têtes dirigeantes, et nous ne voudrions pas dire que notre organisation de l'instruction publique n'a, de ce chef, subi aucune atteinte. Il est Constant qu'à plusieurs reprises, dans notre domaine scolaire, des Propositions se sont fait jour et des mesures ont été adoptées, tendant à amoindrir l'action des parents et de l’Eglise, et, par contre, à fortifier celle de l'Etat.
C'est ainsi qu’en 1876 ur loi fut votée, autorisant la création, au département de l'Instruction publique, d'un dépôt de livres obligatoires pour toutes les écoles, et frayant la voie à l’uniformité générale de l'enseignement 2 En 1880, nouvelle action législative, bientôt dénoncée par NN. SS. les Evêques au Conseil de l’Instruction publique, en faveur de l’uniformité deslivres classiques”. Deux
1. Cf. The Dominion Educational Æssociation, p. 06 (Lovell & Son, Montreal, 1803). — D'accord avec les prit s de plus en plus visibles dont s'inspire cette société, trois projets ont été proposés: l'un par le Dr ilarper, demandant la création d'un bureau fédéral d'éducation: le second par le Dr Roddick (et qui à été adopté à Ottawa, mais rejeté à Québec}, en faveur d’un conseil médical pour toute la cor féde ion: le troisième par te Dr Robbins, ayant pour objet d'introduire le fédéralisme et, avec lui, l'uniformité dans l'enseignement primaire de tout le Canada. Ces divers projets ont €té très sérieusement étudiés et critiqués par l'hon, Boucher de la Bruère, surintendant de l'Instruction publique de la province de Québec, dans nn onuscule intitulé Education et Constiturion. Montréal, 1904. de nouveiles instances et vu certaines garanties, le Parlement de Québec à fini par accenter l'idée d'une organisation fédérale investie dn pouvoir de délivrer des dipiomes de licence médicale interprovinciate.
2. Voir Observations an suiet de la dernière loi concernant l'instruction publique dans la prorince de Québec (impr. Plingnet, Montre
« 1977 3. Voir L'éducation on la grande suestion so iale du jour, Recueil de docu- MCRES, DD. 82-65, (Montréal, 1880). Ces inesures d'uniformisation gérérale sont, il est vrai, disparues de notre législation, mais non sans v laisser des traces r. Malheureusement, on v voit nue luse imposant aux commissions
scolaires, quelles que soient les conditions du milieu où elles üpérent, l'obligation de: prescrire dans toutes les écoles doit elles ont je contrôle l'a re des mémes livres,
autres projets de loi d'un caractère tendancieux marquèrent les années 1881 et 1882 ; et s'ils ne purent obtenir force légale, l’idée centralisatrice et attentatoire aux droits scolaires qui les inspira ne fut pas, du coup, frappée à mort !.
En 1887, le premier ministre de la province de Québec se fit autoriser à prendre rang parmi les membres du Conseil de l’Instruction publique, afin, disait une feuille ministérielie, que le Gouvernement et le Conseil cessent d’être « deux corps distincts ®.» Vers le même temps divers journaux s'efforçaient de répandre et d’accréditer parmi nous l'opinion, caressée du reste par certains hommes politiques *, qu’il appartient à l'Etat ec qu’il est même de son devoir d'établir j'instruction gratuite et obligatoire
En 1393, quelques membres du Conseil de l’Instruction publique eurent la malencontreuse idée de demanaer la révocation du principe d'équivalence, reconnu par notre loi scolaire et qui en fait l'honneur, eu faveur des congrégations religieuses enseignantes. Cette motion, sur la contre-proposition de deux laïques clairvoyants et par le vote unauime des évêques, fut rejetée*. On ne persista pas moins, en certains milieux, à réclamer, soit dans l'enseignement primaire, soit dans l’enseignement secondaire, des réformes dont on ne pouvait ni préciser le caractère ni démontrer la nécessité.
En 1898. sous l'influence des mêines idées, la chambre des députés décrêta, malgré des protestations tombées de haut 5, la création d’un ministère de l'Instruction publique, ce qui, par le fait même, abolissait la charge de Surintendant et devait fatalement livrer la cause sacrée de l'éducation à la merci des intérêts politiques. Le Conseil Législatif rendit à notre province le signalé service d’étou‘er cette législation rétrograde". De nouveau, en 1904, on tenta de mêler la politique à l'éducation en proposant que le Secrétaire provincial fût, d'offise, membre du Conse:l de l’'Instruction publique. Mais le Comité catholique du Conseil, consulté sur l'opportunité de cette mesure, s'y opposa éuergiquement.
Deux aunées auparavant avait été fondée à Montréal la Ligus de