Cf. La Nouvelle-France, t, V, PP
6 Voir le remarquable Discours sur la loi de l'instruction publique prononcé à cette occasion par l'hon, Ths Chapais (Québec, 1808) : aussi le Dis-
COURS Sr Linstruction publique prononcé à F'Assemblée Législative, en 1000, par lhon, Rod. Roy, pp. 6-0.
l'enseignement, bientôt affiliée à l'association française maçonnique du même nom !, et dans la préface de la brochure publiée pour en faire connaître le programme ? on pouvait lire ces mots : « L'instruction publique est une charge d'Etat». Cette ligue à l'allure suspecte fut de courte durée, mais l'esprit qui l'avait mise au jour ne s’est pas éteint avec elle. Ne s’affirmait-il pas naguère au Parlement de Québec dans la proposition qui y fut feite d'établir, contrairement au sentiment bien connu des Évêques, l’uniformité des livres dans toutes les écoles: et dans deux autres propositions plus récentes, heureusement rejetées par la très grande ma'orité de la Chambre #, de rendre l'instruction publique obligatoire? Il ne perd aucune occasion d'agir sur l'opinion par la demande de réformes mal inspirées ou mal définies, demande sotte ou importune et dont les termes trahissent un état d'âme hostile à nos institutions scolaires catholiques.
Des réformes : sans nul doute, notre système d'instruction en est susceptible, et très sincèrement nous les souhaitons et les requérons, non pas telles que l’école libérale et radicale les veut, mais telles qu’il convient à un pays libre et à un Etat chrétien de les réaliser {.
Nous dirons sans dissimulation notre pensée.
Non seulement les catholiques de ia province de Québec doivent, de toutes leurs forces, s'opposer à toute entreprise, provinciale ou fédérale, qui aurait pour effet de paralyser ou d'amoindrir l'action éducative des parents et de l'Eglise, mais c’est leur intérêt, en même temps que leur devoir, de favoriser toute législation propre à accroître cette double et salutaire influence.
Nous verrions avec bonheur notre organisation scolaire se modifier en ce Sens: par exemple, le Conseil de l’Instruction publique, rendu plus indépendant de l'Etat, exercer une autorité souveraine dans ses décisions, nommer et révoquer lui-même les inspecteurs d'écoles, ou du moins jouir du droit d'être consulté en ces matières Ÿ de même que dans le choix de ses membres laïques destinés à repré-
1. Cf. Henri Bernard, La Liane de l'enscignement, Hist. d'une conspiration maçonnique à Montréal, 1004.
2. La Ligue de l'enseignement. La Question de l'instruction publique dans la proë, de Québec, Montréal, 1003.
3. Voir Résumé d'un discours prononce par Sir Lomer Gouin (26 nov. 1012) au cours du débat A'un projet de loi concernant la fréquentation obligatoire des écoles chez les protestants.
4. Voir l'Etude critique de note sysième olaire et les P'rux émis par le Congrès de l'Association catholi ue de la Jeunesse canadienne-française en
ë re : : : CR 1913 (p. 100) ;—aussi C.-J. Niagnan, Les lcoles Prinatres et les icoles normales, Québec, 1900.
5. Originairement le Conseil possédait ce droit relatif au ins}
d'écoles: en 1800, on le Ini à enlevé.
senter les pères de famille. Pourquoi encore le curé dans sa paroisse ne deviendrait-il pas, de par la loi, président de la Commissien scolaire, avec toutefois la liberté de refuser cette charge !?
Des hommes de haute compétence ? regrettent que, pour compléter notre enseignement populaire, il u’y ait pas cn plus grand nombre, à la portée des classes ouvrières, des écoles techniques ou professionnelles, dans lesquelles s'enseignent théoriquement et pratiquement les arts mécaniques les plus nécessaires # Le jour où nos hommes publics entreprendront de promouvoir efficacement cette sorte d'instruction dont l'utilité est incontestable, ils se souviendront sans doute avec quel succès certains instituts religieux, notamment les Frères des Ecoles chrétiennes, dirigent en d’autres pays des établissements similaires . L'école technique populaire, où la religion doit avoir sa place, ne saurait se trouver en de meilleures mais.
Quant à notre éducation secondaire et supérieure, le clergé qui l’a créée et dirigée dans le passé, enest, Dieu merci, aujourd’hui encore l’ouvrier principal. C'est dans son ensemble 5 une œuvre indépendante de l'État. Sans s'écarter des méthodes traditionnelles *
1. C.-J. Magnan, Polémique à Propos d'enseignement entre M. J.-P. Tardivel et M. C.-J. Magnan, p. 104,