Justitia, ous, cit, pp
3. Voir sur cette question les écrits Mgr Taché, archevèque de Saint- Poniface (lie de Mur laché, par Do à ot, vol, ID) de Megr Langevin, son SUCCESSOUT, Stipp : les catholiques d'adopter le projet de loi réparatrice présenté en 1896, après bien des atermoiements, par le ministère conservateur CJustitia, our, cit, pp. à 17-108): — la Lettre pastorale
cl. de Québec, Montréal, et Ottawa
: —— les télégrammes
des archevéques et évéques des provinces ec (6 mai 1Ro6),
ni comprendre leur rôle ni s'élever à la hauteur de leur devoir. L'histoire impartiale sera sévère nour eux, comme aussi pour tous ceux qui, en cette circonstance d'exceptionnelle gravité, préférèrent à la conscience l'opinion, à la religion l'intérêt, à la patrie le parti,
Les conservatenrs, malgr4 le louable courage de leurs chefs Sir McKenzie Bowell, Sir Charles Tupper et l'hon. M. Angers, n'avaient pu réussir à régler la question scolaire manitobaine. La consultation électorale qui suivit, et dont cette question formait l'enjeu, leur fut défavorable et porta au pouvoir le chef de l’opposition, Sir Wilfrid Laurier. Le nouveau premier ministre qui avait promis, si le peuple lui confiait les rênes du gouvernement, de faire rendre justice pleine et entière à la minorité opprimée, s’empressa d'entrer en pourparlers avec les ministres de Winnipeg. De ces démarches sortit un compromis connu désormais dans nos annales politicoreligienses sous le nom de règlement Laurier-Greenway. Ce règlement, chose regrettable, n'offrait aux catholiques que de rares avantages plus apparents que réels, et laissait subsister ce qui constitue le vice essentiel de l'éco!e publique : la neutralité religieuse !.
L'Episcopat ne put dissimuler son vif désappointement. Lui qui, pendant cette longue crise scolaire, n'avait cessé de réclamer pour les catholiques justice complète, et, afin de l'obtenir, s'était E:0noncé en faveur d'une législation réparatrice efficace, telle qu’autorisée par le texte de la Constitution et le jugement du plus haut tribunal de l'Empire, comment aurait-il pu se montrer satisfait d'un compromis qui n'était, à vrai dire, qu’une déplorable capitulation ?
C'est alors que le pape Léon XIII, saisi directement de la question, envoya au Canada pour y instituer une enquête un prélat de Sa cour, M‘ Merry del Val: l'enquête close, il publia son encyclique 1ffari sos (8 déc. 1897). Dans ce document, ie Pontife approuvait sans réserve la conduite des Evèêques : il condamnait comme défectueux et sans valeur suffisante * le règlement effectué par l'autorité civile: et, “ans son désir de pourvoir à l'avenir, il conjurait les catholiques de s'unir, de ne pas sans doute refuser de mettre à profit les concessions obtenues par voie légale ou par tolé-
1. Voir dans Justitia, ons cit. PP. 153 :37, la teneur de cet arrangement, lequei ne permet qu'une demi-heure de catéchisme après la classe. — Le règlement Laurier-CGreenwav pour\oyait du moins, dans les centres français ou mixtes, à l'enscignement du français d'après le système bilingue. Le ministère libéral Norris, marchant sur les brisées du ministère conservateur ontarien, et cédant Jui aussi à la poussée oraugiste, Vient de biffer cette clause protectrice des droits de notre langue, et de déchainer par une politique antifrançaise encore plus radicale que celle de l'Ontario, une persécution nouvelle. Les Canadiens français ont ressenti l'outrage, et ils sont à organiser, en dehors des cadres politiques, un vaste mouvement de résistance (CT. Les Cloches de St-Bonifare, 15 mars, 13 Sept. 1916),
Pétente tatin dit: * les imanea. non one,
rance, mais de ne point, non plus, s'en contenter, et traVailler, conjointement avec l'Episcopat !, à hâter le compiet triomphe de la religion et de la justice.
A-t-on tenu compte de l’auguste parole du Chef de l'Eglise? Les Promesses si solennellement faites au Saint-Siège, de secourir efficacement la minorité opprimée, ont-elles été remplies? Une déclaration bien formelle du représentant le plus autorisé de cette minorité, S. G. M“ Langevin, établissait naguère en deux mots la situation véritable : «La question n’est pas encore réglée, parce que justice n’a pas été rendue ?. » Quelques adoucissements, dans la pratique, ont pu être apportés aux maux dont souffrent nos coreligionnaires, mais la loi de l’école neutre pèse toujours sur eux.
Les événements donnent donc raison aux Evêques canadiens, et aux catholiques généreux et clairvoyants qui surent, sans discuter et sans faiblir, suivre leur direction. Et, du même coup, ils condamnent ces autres Catholiques à demi-convictions et à demi-conscience que le préjugé, l'ambition, la passion, firent déplorablement fléchir.
Cette défection hé!as! fut désastreuse: désastreuse en elle-même et dans ses effets immédiats ; désastreuse encure, parce qu’elle devait,
‘" une pente presque fatale, en amener une autre, celle de 1905
itive à l'éducation dans les provinces de l’Alberta et de la Saskatcher.an, et servir de prétexte À une troisième, celle qui s’est produite en 14: dans l'affaire du Keewatin,.
Un moment, quand fut discuté l'acte constitutif des nouvelles Provinces, on put espérer que le parlement, s'appuyant sur l’article 93 de la Constitution, garantirait aux catholiques de l'Ouest les libertés scolaires qui leur avaient été reconnue; par l'acte des T'erritoires de 1875 et l'acte des terres fédérales de 1870, et qu'ainsi il Supprimerait pour toujours les ordonnances, dérogatoires à ces actes, émanées en 1892 et en 1901 de l'administration locale sans avoir été désavouées par !e pouvoir central #, Mais le fanatisme, fort de la veulerie reconnue de plusieurs des nôtres, leva la tête : il s'affirma, au sein des deux partis politiques, avec une audace bien supérieure à sa réelle puissance Les ministres catholiques, plus soucieux de garder le pouvoir que de se battre pour la défense d'un droit, cédèrent devant l'orage : ce n'est pas l’école confessionnelle que l'acte
1. Quid optimum factu videatur, mon Ste consilio cestro, constituant ” (encycl. {far cos).
2. L'lction Sociale, 28 mars et 17 oct. 1908. Voir, depuis, le Mandement de prise de possession du nouvel archevéque de Saiit-Boniface, Mgr A Béliveai (7 juin 1910).