‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 30 sur 196 · Jbid · texte numérisé non relu

Jbid

2. L'abbé Allain, L'instruction brimaire en France avant la Révolution, p. 24 3. L'amour de l'ancienne littérature classique n'avait pas péri. Mais “quoiqu'on lüt Virgile, et sans doute plusieurs des autres auteurs de l'anti-

quité, l'on n'en tira pas tout le fruit qu'on devait naturellement en tirer” CHist. litt., t. IV, p. 20).

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Parmi les maisons d'études supérieures, plusieurs, sans compter l’école du Palais, acquirent un grand renom, notamment celles de Saint-Martin-de-1'ours, de Fulde, de Corbie et de Reims. À ces écoles, et au mouvement d’efflorescence intellectuelle qu'elles déterminèrent, se rattachent les noms célèbres dans la théologie et dans les lettres, qui illustrèrent le règne de Charlemagne. Guizot! mentionne vingt-trois écrivains de cette période, tous prêtres ou moines, évêques ou abbés.

œuvre carlovingienne eut donc toute la portée que permettaient les ressources et les connaissances du temps. Et si, de plus, on la considère au poi:t de vue juridique, on est heureux de constater que l'Etat, nonobstant toute sa puissance, et malgré l'éminente et transcendante personnalité de celui qui l’incarna, ne mit aucun obstacle à la liberté de l'enseignement sagement comprise.

Charlemagne, dans ses capitulaires, reconnaît aux parents le droit inné dont ils jouissent, et qui pour eux est aussi un devoir, d'assurer à leurs enfants toute l'instruction convenable, sans que, pour cette raison, i] songe à leur imposer des maîtres off. ciels. Ce qu'il requiert d'eux, d'accord en cela avec l'Eglise, c'est qu’ils usent conciencieusement de leur droit et qu'ils remplissent fidèlement, par eux-mêmes ou par d’autres, tout leur devoir. «Que les parents, dit-il ?, s'appliquent avec un grand soin à bien instruire les eufants, À qui, par une bénédiction de Dieu, ils ont donné la vie. Et, à leur défaut, que les parrains qui ont répondu pour ces enfants le jour de leur baptême, se chargent de leur instruction. »

Il est vrai que Charlemagne, dans une de ses ordonnances mentionnée plus haut, décrète des peines contre ceux qui négligeront de fréquenter les écoles ecclésiastiques. Mais, d'un autre côté, le texte même du décret démontre qu’il s’agit d'instruction Purement religieuse; de l'autre, le roi très chrétien ne fait

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1. istoire de la civilisation en France, t. II, 20e leçon (7e éd.). 2. Capitulaires, ete t. { liv. II, n. 46.

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qu’entourer des sanctions de la loi civile les prescriptions imposées à la conscience de tous les fidèles par la loi de Dieu et de l'Eglise. L'illustre souverain se rendait compte de ce que doit être un «évêque du dehors», et il en remplissait les fonctions et le rôle providentiel en mettant toute sa puissance au servic: des intérêts de la foi.

Il n’y eut donc pas sous Charlemagne d'enseignement d'Etat. L'école palatine elle-même n'était en réalité qu’une école modèle libre, ouverte à la jeunesse des grandes familles, et dirigée Par un représentant de l'Eglise, « Evêques et moines organi. saient, comme ils l’entendaient, leurs écoles, soit rathédrales, soit monastiques. Des laïques, d’ailleurs, pouvaient également en ouvrir où ils voulaient, comme ils voulaient, sans aucune autorisation préalable; mais ils restaient soumis à la censnre des autorités ecclésiastiques qui pouvaient fermer l’école, si elles en jugeaient l’enseignement contraire À la foi »1.

Si Charlemagne respecta la liberté des parents, eut-il le même respect pour la liberté de l'Eglise? Et ne semble-t-il pas plutô: entamer cette liberté et usurper des droits supérieurs, lorsque dans ses lettres et ses capitulaires il édicte ses volontés royale: concernant la tenue et le fonctionnement des écoles ecclésias tiques ?

À ne considérer que les apparences, on sezait tenté de le croire. Et les tenants du régalisme et du gallicanisme n'ont pas manqué de s’en prévaloir comme d’une preuve historique concluante en faveur de la suprématie de l'Etat sur l'Eglise ? Lorsque, toutefois, on veut alier au fond des choses, on ne tarde pas à se convaincre de l’inanité de cette prétention.

Il importe, au préalable, de bien La représenter le vrai caractère de l’époque dont nous parlons et l'intimité particulière des

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