Lavoliée, L'Etat, le père et l'enfant, p
2. C'est ainsi que l'éditeur des Cäpitulaires de Charlemagne, Baluze, dans une longue préface de son ouvrage, fait des efforts dignes d'une meilleure catise pour démontrer que, dès l'époque carlovingienne, la supériorité juridique du pouvoir civil sur le pouvoir religieux était reconnue,
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rapports alors existants entre l'Eglise et l'Etat. La sociéti civile et la société religieuse n'étaient pas seulement unies pai des liens de naturelle bienveillance; elles se pénétraient en quelque sorte l’une l’autre, et se tenaient et s’entrelaçaient dans une profonde harmonie. L'empereur s'appelait ! et était véritablement le bras droit du Pape, son auxiliaire, son défenseur, et sa législation politico-religieuse, subordonnée par là même à l’autorité du Saint-Siège, n'était que la forme légale de son dévouement à l'Eglise romaine.
Au reste, dans les choses qui touchent à la religion et à la morale, les capitulaires ou décrets édités sous le nom royal, portent le sceau d’une double autorité. «Les évêques, dit Guizot ?, étaient les principaux conseillers de Charlemagne, c’étaient eux qui siégeaient en plus grand nombre dans les assemblées générales ; ils y faisaient leurs affaires avant tout. Aussi ces assemblées ont-elles été, en général, considérées comme des conciles, et leurs lois ont-elles passé dans les rectils de canons. Elles sont presque toutes rédigées dans l'intérêt du pouvoir des évêques. »
On peut donc dire des capitulaires relatifs aux affaires religieuses qu’ils n’eurent force de loi dans l'Eglise qu'en vertu cu pouvoir ecclésiastique. Tantôt c'était l'œuvre de conciles tenr:s antérieurement par les évêques et quelquefois présidés par les légats du Pape; tantôt ils s’élaboraient par les chefs de l'Eglise réunis autour du prince dans les assemblées du royaume #; tantôt leur rédaction fournissait les éléments d'actes épiscopaux