‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 50 sur 196 · Gonzalez, ouz. cit. P · texte numérisé non relu

Gonzalez, ouz. cit. P

3 Voir Lecoy de la Marche, our. cit, ch. 9.

4 Témoin Dante, dont l'œux re poétique incarne sous des formes si littéraires les croyances religieuses et le mouvement intellectuel et social du moyen age, La scolastique, en particulier, s'y reflète comme en un resplen

lettres latines et françaises. Mais l'enseignement gardait partout sou caractère distinctif : « la préférence donnée au fond sur la forme !». Si, d'une part, les curiosités et les sul. tés scolastiques, poussées à l'extrême, ont donné naissance aux ergoteurs, qui ne sait, d'autre part, tout ce que le culte exclusif des mots, et la recherche et la superfétation littéraires, ont produit de phraseurs vains et de stériles rhéteurs ?

On abuse des meilleures choses et des plus utiles méthodes.

Dans la situation scolaire et le mouvement universitaire que nous venous de rappeler, il nous reste à examiner que! rôle respectif jouèrent l'Eglise, les particuliers et l'Etat, et dans quels cadre: juridiques s'exerça simultanément leur action.

Trois choses semblent ressortir du genre d'organisation et du mode de fonctionnement des maisons d'instruction au moyen âge : le pouvoir prépondérant reconnu à l'Eglise, de contrôler l'enseignement ; la liberté sagement réglée, laissée aux parents et aux maîtres, d'ouvrir et d'entretenir des écoles et des collèges de leur choix; l'attitude pleine de respect pour les droits de la religion et de la famille, et de plus en plus favorable au progrès des lettres, prise par les représentants de l'Etat.

Tant que l'Eglise n'eut pas À craindre l'envahissement des Scoles par des idées malsaines et des doctrines hétérodoxes, et aussi longtemps que les maîtres, formés par elle, lui inspirèrent entière confiance, son influence morale dans l'enscignement se maintint sans difficulté et en quelque sorte d'elle-même. L'évé. que, dans son diocèse, dirigeait de sa propre autorité les écoles du clergé séculier, et ne pouvant, sauf en certains cas, remplir lui-

dissant miroir, C'est ‘une création admirable, ” selon le mot d'Ozanam (Dante et la philos. cath, au Ille siècle, se éd, p. 50), et qu'elle nous parait riche, pleine et féconde, à côté de tant d'œuvres mode rnes, vrles et nuaveuses !

1. Lecoy de la Marche, ou, cit., p. 122. — L'estimabl= écri ain, que nous citons 101, rend dans tout son ouvrage pleine justice an siècle qu'on a appelée l'age d'or de la scolastique et de la métaphysique chrétienne. — Voir aussi Le moyen âge fut-il une ép que de ténèbres ct de sercitude: études par G.

Romain, 1re partie.

même les fonctiors de maître, il confiait la principale de ces écoles, celle de la cathédrale, à un ecclésiastique instruit, à l’archidiacre d’abord, puis, dans la suite, à l’un des membres les plus distingués du chapitre. Les écoles du clergé régulier rele. vaient, dans chaque monastère, de l'abbé ou du prieur qui, d’'ordinaire, en remettait la direction aux mains d’un des moines les mieux qualifiés et les plus versés dans les lettres.

Au douzième siècle, l'amour croissant de l'étude, en multipliant les établissements scolaires, rendit plus difficile le contrôle de l'enseignement par la personne de l'évêque ; et ce contrôle, pouttant, paraissait d'autant plus justifié que les maîtres, devenus plus nombreux, n'offraient plus tous les mêmes garanties d'orthodoxie et de moralité. Des mesures particulières durent être prises, et c'est ce qui amena l'institution d'un nouveau personnage, l'écolâtre, investi d'une autorité spéciale sur les écoles du diocèse et chargé principalement de délivrer aux maitres jugés dignes de cette fonction «la licence d'enseigner. » Cette licence n’était autre chose qu'un certificat de capacité et d'honorabilité,

Quand, au treizième siècle, l'enseignement subit une sorte d'évolution par l’organisation, en plusieurs villes, de corps universitaires, le rôle de l'écolâtre, du moins en ces endroits, revêtit une forme nouvelle. « Dans les villes, écrit du Boulay !, où furent érigées des universités, ces prévôts ou écolâtres et maîtres des écoles prirent presque tous le nom et exercèrent les fonctions de chanceliers.» Le chancelier avait un droit de juridiction sur les étudiants, et c'est lui qui leur conférait la licence, grade académique auquel était attachée la faculté d'enseigner publiquement,

Ces fonctions, d'ailleurs, furent à plusieurs reprises définies et réglementées par les papes désireux de prévenir les abus de pouvoir, et l’évêque, de son côté, conservait sur le chancelier comme sur l'écolâtre juridiction pleine et entière. « On peut,

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