listoire de l'Université de Fur, lp
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di Georges Bourdon dans une étude fortement documentée sur ce sujet !, on peut établir comme règle qu'en matière d'ensei. gnement, et spécialement en ce qui concerne les autorisations À accorder aux maîtres, l'évêque a dans son diocèse la suprême autorité; l’écolâtre et le chancelier, représentants de l'Eglise, ne sont que /es fondés de pourvoir de l'Eglise. »
Telle était la doctritie soutenue par la papauté. «Le chance. lier, dit Clément IV 2, est le chef des étudiants après l'évêque, dans quelque faculté qu'il lise où qu'il enseigne, et il est établi par l’évêque: c'est pourquoi l’évêque est le chef suprême de l'étude. »
Cette influence et cette autorité de l'Église sur les écoles, loin d'entraver la liberu légitime de l'enseignement, ne faisait que la diriger, la protéger et la Promouvoir. Nous en avons la preuve dans une lettre fameuse d'Alexandre III aux évêques de France, lettre où le pontife ému et indigné stigmatise l'abus qui s'était introduit d'exiger une somme d'argent en paiement de la licence d'enseigner :
Plus est grand l'éclat que jettent sur l'Église de France la science lhonnéteté de ses hommes illustres, plus sont grands ses efforts pour éviter tout ce qui paraitrait rabaisser la probité ecclésiastique, plus aussi il doit ser. bler étonnant que ceux qui dans vos églises assument le nom et la dignit de maitres des écoles refusent d'accorder sans un certain PriX aux e siastiques la licence d'enseigner... Désirant ne pas laisser impunt un pare! vice de cupidité et de rapacité, nous vous mandons par nos lettres aposto hques de prendre soin d'empécher, sous la sanction de l'anathème, que ca qui jouissent de cette dignité osent exiger Où extorquer désormais de qui Ce soit un prix quelconque pour la licence d'enseigner aux autres, et d donner, lorsque des hommes aptes et lettrés voudront diriger l'étude des let qu'on leur Permette, sans pression et sans exaction aucune, de tenir éco
que la science qui doit étre dispensée à tous gratuitement ne semble p
1. Resue des Questions historiques, t. NIX, avril 1876: La licence d', gner et K role de l'écolütre au IROXON age, p. 342, — C'est à cette ét CONSCIENCIEUSE QUE nous Sommes, en grande partie, redevable de ce que : disons ici touchant les fonctions d'écolätre et de chaneclier
2. Epist. Clem. IV apud Martène (paroles citées par G. Bourbon,
tée sur l’ensei.
tions À prême ise, ne
hance.
vêque, établi ne de
s, loin it que ns la ues de us qui de la
l'avenir taxée à prix d'argent. S'ils transgressent votre prohibition ou vos ordres, dépouillez-les, en vertu de votre autorité et de la nôtre, des offices et des dignités susdits. Si vous négligez de corriger ces abus d'aprés nos prescriptions, nous tiendrons votre négligence pour désagréable, et nous serons nous-meime obligé d'agir et d'opérer cette réforme donc, si les coupables veulent persister dans le efforts seront vains. 1
De toute manière urs projets de rapacité, leurs
Une autre lettre du même pape à l'archevêque de Reims mérite également d'être citée :
L'abbé de Saint-Pierre des Monts nous a appris que l'ecolätre de Châlons sur-Marne revendique Je monopole de l'enseignement et ne veut pas permettre à Fable de diriger des écoles Or, comme la science des lettres est uit don de Dieu, il doit être libre à chacun de prodiquer gratuitement son talent qui il veut, C'est pourquoi nous vous ordonnons par
d'enjoindre à l'abbé et à l'écolatre de 1x
« cet ecrit apostolique défendre sous aucun prétexte et
de n'interdire en aucune CiITconstance, à aucun homme brobe et lettré, l'ou-
verture d'une école dan Le, dans les environs, où bon lui semblera 1.
Ces paroles autorisées nous fon‘ voir combien l'Eglise, même dans un temps où elle disposait d'une si grande puissance, était, dans la pratique comme en principe, non seulement étrangère, mais nettement hostile à l'idée envieuse et liberticide de tout monopole scolaire,
Aussi lorsque, plus tard, il se fit au sein de l'université de Paris un mouvement d'exclusivisme jaloux contre les religieux, €n particulier contre les Ordres mendiants et leurs collèges, cette lutte fournit au pape une nouvelle et solennelle occasion de manifester le zèle clairvoyant de l'Eglise pour la cause de l'éducation et pour ses justes libertés. L'Université, ayant pris
ombrage de la prospérité des écoles de réguliers qui grandis- Saient autour d'elle, leur refusait l'honneur des grades académiques : on en appela au jugement de Rome. Rome comprit
« Martène, Hnpliss iectie, t. IL, col N53.— Le Ille
le de Latran (can, 18) montre pour Ja liberté de l'enseignemnt, sage-
! entendue, la mème solhicitude.
, Concil.,t. X,
nr
que des maîtres comme Alexandre de Halès et saint Bonaven. ture, comme Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin, versaient dans l'esprit de leurs disciples trop de lumières, et que ces moines représentaient trop dignement le haut enseignement ecclésiastique, pour qu'il pût être permis de leur fermer les portes de l'institution dont ils étaient la plus pure gloire. Les chaires franciscaines et dominicaines furent maintenues ? et de ce triomphe de la liberté dans l'éducation de la jeunesse naquirent de nouveaux collèges aussi utiles aux saines études que glorieux pour l'Université.
On peut donc soutenir que, pendant toute cette période, parents et les maîtres virent À maintes reprises leurs droits, en matière d'enseignement, formellement reconnus et solennelie. ment garantis par l'Eglise, et que seule l'autorisation préalab'e, requise sous forme de «licence », faisait À la liberté, qui eût pu être dangereuse, un contrepoids nécessaire,
L'Etat, saus empiter sur nn domaine étranger, prèêtait aux grandes forces éducatrices de 11 société son concours. L'histoire atteste ! que les rois de France, Louis le Gros, Louis le Jeune, Philippe-Auguste, saint Louis, aimaient et appréciaient les lettres, et qu'ils s'en firent les protecteurs dévoués, Ces deux derniers Monarques contribuèrent puissamment à hâter les pre grès et À développer l'organisation de 1 l'enseignement univer sitaire.
Le pouvoir civil se tenait respectueusement uni à l'E pl les bienfaits de cette union rejaillissaient sur l'instruction À ! les degrés. Les princes favorisaient avant tout re ete religieuse et ils jugeaient de leur devoir d'aider, non de remplacer les parents et l'Eglise dans l'œuvre fondamentale de l'éducation.
1. Voir Ferct, ou. cit. t. II, tre P. L. I, ch. I 2 ls HE E 16,8 pp. >
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