Cu, cit, t III, p
L'un des prédicateurs et des pamphlétaires les plus influents de l'époque, Eberlin de Günzbourg, religieux défroqué, dans un ouvrage sur l'organisation nouvelle de l'Etat laïgue, trace le plan de réforme sociale dont il souhaite la réalisation. D'après ce plan, «l'autorité temporelle sera seule chargée du soin des pauvres et de l'organisation de l'enseignement scolaire qui sera obligatoire et gratuit.» KEberlin veut aussi que la philosophie soit bannie des universités, ainsi que tous les auteurs scolastiques, et il demande que les livres de droit canon soient publiquement brûlés ‘
Le vandalisme le plus brutal est donc, par lui, érigé en système. Et ce sont ces démolisseurs du passé, brûleurs de livres et insulteurs de l'antique sagesse, ane la libre pensée, anticatholique et antireligieuse, présente au mond comme les bienfai. teurs de la science et les libérateurs de l'esprit humain!
Le désarroi scolaire causé par la révolution protestante ne pouvait manquer de provoquer une réaction. Ce mouvement se fit, grâce au zèle des evêques que les doctrines nouvelles n'avaient pu séduire, grâce en même temps au concours actif des communautés religieuses. De nouveaux instituts surgirent. Les anciens ordres décimés par la tempête, reformèrent leurs cadres, et employèrent nne partie de leurs ressources à restaurer les écoles. Le concile de Trente # apporta À cette œuvre de salut l'appui de ses conseils et la force de ses décrets.
De leur côté, quelques princes demeurés catholiques (il s'agit surtout de l'Allemagne) secondaient le mouvement. C’est ainsi c'en Bavière, l'an 1569, parut un décret relatif aux écoles primaires : « L’instruction religieuse y était prise pour base de
1. Janissen, ouv, cit, t. LE, p. 194. — On reconnait là la formule en vogue de nes jours. Il n'y manque que la neutralité, elle viendra plus tard. En atten da it, Eberlin demande, —et c'est déjà un premier pas dans cette voie, — que
les enfants apprennent la doctrine religieuse dans l'Évangile et dans saint
Paul.