‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 6 sur 196 · PE DST PAU HE · texte numérisé non relu

PE DST PAU HE

BE hu

préconiser la communauté des femmes. Comme Lycurgue, il condamne à mort tous les enfants mal constitués (1. III), et il demande pour les autres un système d'éducation commune, organisé exclusivement au profit de la république (1. V).

Sous la plume des philosophes plus encore que dans les décrets des législateurs, c’est donc toujours, en Grèce, sauf certaines diversités secondaires, le même principe païen que l’on retrouve avec ses deux traits distinctifs : méconnaissance absolue ou insouciance profonde des droits personnels de l'enfant ; préoccupation exclusive de faire de chaque être humain un instrument de prospérité nationale.

À Rome, ce n'était pas l'Etat, immédiatement du moins, mais bien le père de famille qui exerçait sur l'enfant une sorte d’ome nipotence. Le Paterfamilias romain, de par la loi elle-même, jouissait dans sa famille d’un empire souverain !: i] avait sur tout le groupe familial, femme, enfants, esclaves, droit absolu de vie et de mort. C'était un propriétaire d'hommes, et ceux.ci étaient sa chose. On comprend que cette puissance, maîtresse de la liberté et de la vie des enfants, le fût, à plus forte raison, de leur éducation. L'enseignement se donnait donc se! à le gré des pères, soit au sein de la famille, soit dans les écoles littéraires et philosophiques. C’est ce qu’atteste Cicéron, lorsqu'il dit ?: «Les Romains ont voulu que l'éducation ne fût ni fixée et réglée par les lois, ni donnée publiquement, ni uniforme pour tous. »

Toutefois, dans cette Rome composée de patriciens et de plébéiens, n’allons pas croire que les enfants issus des couches infé. rieures participassent aux bienfaits de l'instruction. Cette faveur n’était réservée qu'aux enfants des familles riches, lesquels recevaient d’abord sous le toit paternel, de la bouche de précepteurs privés, le premier enseignement des lettres, puis fréquentaient les écoles des rhéteurs et des sophistes fondées et

1. Voir Troplong, De l'influence du christianisme sur le droit civil des Romains, P. I, ch. 3.

Page 1