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L'EDUCATION AUX DERNIERS SIÈCLES DE L'ANCIEN RÉGIME

Après l'Italie et l'Epagne, la France, malgré ses discordes civiles et ses défaillances religieuses, fut une des contrées de l’Europe qui souffrirent le moins des doctrines de la Réforme et qui résistèrent le mieux à leur envahissement. Menacée d’une part par le protestantisme, de l’autre par le césarisme gallican auquel vint s'adjoindre le philosophisme voltairien,—trois causes génératrices de la révolution, —sa foi traditionnelle pr néanmoius, jusqu'à la chute de la monarchie, maintenir presque intacts son rang et ses positions de religion d’Etat.

La nation française, dans son ensemble, était et demieurait catholique.

Or, lorsqu'on étudie en France pendant cette période la situation scolaire, on est heureux de constater que l'instruction du peuple, arrêtée dans sa marche par les troubles du seizième siècle, reprend au dix-septième son action bienfaisante et accuse jusqu’à la fin du dix-huitième, d’indéniables progrès.

L'abbé Allain, dans un ouvrage que nous avons déjà cité !,et d’après des indications puisées aux meilleures sources, a fait de façon irréfutable la démonstration de ce que nous avançons: nous nous bornerons, dans ces pages, à résumer son travail si parfaitement documenté.

Nul doute, tout d'abord, que pendant les deux derniers siècles de l’ancien régime les petites écoles n'aient été fort noinbreuses. Il y en avait dans les villes, dans les bourgs, dans les villages, et même certains hameaux éloignés des centres paroissiaux n'en étaient pas totalement dépourvus.

1, L'instruction primaire en France avant la Révolution.

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Citons, concernant les écoles de Normandie, le témoignage d’un érudit bien au fait de cette matière: « Dans les campagnes, dit M. de Beaurepaire !, on avait pourvu à l'instruction populaire par l'établissement d’une multitude d’écoles tenues, ici par le curé, là par le vicaire, ailleurs par des clercs ou des magisters, écoles assez souvent gratuites, grâce aux fondations des fabriques ou de pieux particuliers et, quand elles ne l'étaient pas, entretenues aux conditions les plus modestes, au moyen de certains droits payés aux maîtres par les écoliers et désignés sous le nom d’écolage. La diminution progressive des ecclésiastiques dans les derniers siècles, en obligeant les paroissiens et les curés à recourir à des instituteurs laïques, avait fait sentir la nécessité d'assurer un traitement à ces derniers, et de favoriser autant que possible les donations en faveur des écoles paroissiales. »

Les instituteurs laïques , sans être très richement rémunérés, jouissaient de la considération publique et de privilèges fort appréciables, tels que l'exemption du service militaire, des fonctions peu enviées de collecteurs d'impôts, et, dans une certaine mesure, des autres charges les plus onéreuses de la communauté ?,

Le programme des anciennes écoles (moins compliqué que celui—déjà bien lourd pour de jeunes têtes— dont nos progressistes ne cessent de réclamer une ampliation nouvelle) comprenait ordinairement quatre branches: « l'enseignement religieux avec l’histoire sainte, la lecture, l'écriture avec l'orthographe et le calcul élémentaire. Il faut ajouter, dans les écoles de garsons, en certains endroits seulement, quelques notions d’enseignement professionnel, et partout dans les écoies de filles les travaux manuels. L'enseignement religieux ne se donnait pas

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