LA CHAMBRB OU COUR DES AIDES
Ce prince, en 1462, destitua les officiers des aides de Paris. Il les remplaça par une commission formée de maîtres des Requêtes de THôtel et de trois receveurs généraux ; puis inaugura, en 1464, une organisation un peu différente. Mais, à la suite de la guerre du Bien public, il dut rappeler les anciens oriiciers des aides et créa même de nouvelles charges. II ne semble pas que ces nominations aient été très heureuses, car, quelques années plus tard, Louis XI reçut contre les officiers des aides, les accusations les plus graves*. Des rivalités violentes armaient les conseillers les uns contre les autres : on se colletait en pleine Chambre. Le roi qui venait de déclarer Tinamovibililé de tous ses officiers (1467), oubliant cette promesse, congédia plusieurs de ses gens des aides et ramena le personnel de ce tribunal à ce qu'il était sous Charles VII (1470)*. Remède inefficace, car, quatre ans plus tard, Louis XI, revenant à la charge, destituait presque tous les officiers des aides et en mettait d'autres à leur place*.
Le peuple n'était pas moins sévère que les délateurs qui armaient Louis XI contre les généraux des aides. Qu'on en juge par ce propos d'un député normand aux états de 1484 : « J'ai la ferme conviction, dit en séance publique ce vigoureux orateur, j'ai la ferme conviction que beaucoup d'entre les généraux 'les aides sont tourmentés des peines de l'Enfer; et je présume, parce que nous voyons, que d'autres iront leur tenir compagnie*. »
Les Chambres des aides de province. — Dès la seconde moitié du XIV* siècle, le Languedoc, qui, on s'en souvient, revendiqua si fièrement, au lendemain du désastre de Poitiers, l'autonomie financière, a joui d'une organisation particulière. Ces tendances décentralisatrices ont certainement contribué à faire
1 Vaeaen, dans Bibl. de VEcoledes chartet^ l. XLTV, p. ^i; Rapport au Grand Consiil de Louis XI sur les abus et les scandales de la Cour des aides, même recoeil, 2« série, t. V, pp. 60-62. NoQs apprenons par ce rapport que sous Louis XI il fut défendu au procureur du roi de <f pratiquer » pour d^aulres que pour le roi (ibid., p. 64).
- Bibliothèque de V Ecole des chartes, 2* série, t. V, p. 61.
3 [Dionis], Mémoire, p. 163.
^ M&sseliQ, édit. Bernier, p. 483.