‹ Droit public (volume 3)Chapitre 77 sur 107 · V. III · texte numérisé non relu

V. III

non point devant les généraux maîtres. Sous le règne de Philippe le Bel on constate un jour qu'une monnaie fausse est en circulation. Le roi ordonne une information. Charge-t-ii de cette enquête les généraux maîtres? Nullement. Il la confie à Guillaume de Nogaret *. Est-ce à dire qu'au temps de Philippe le Bel aucun général maître ne joua en fait un rôle considérable? Non assurément : nous pouvons citer ici un Lombard, Betin Cassinel {Beiino Cassinelli), aux mains duquel passèrent des sommes énormes*.

Dans la première moitié du xiv* siècle, les généraux maîtres semblent hésiter eux-mêmes sur l'étendue de leurs pouvoirs, lesquels se créent évidemment au jour le jour par la pratique. Nous les voyons en mars 1343 (n. st.) confisquer une très forte somme d'argent sur un personnage suspect dont ils commencent à instruire le procès. Après quoi, ils s'arrêtent, consultent la Chambre des comptes ou peut-être lui remettent tout simplement l'affaire en cours. Celle-ci, en tout cas, en prend la

des moDDaies, mais seulement des gens des Comptes et des trésoriers : Edouard Tudoliu de Lucques, bourgeois de Paris, traite avec les geos des Comptes et les trésoriers.

Boisard et Abot de Baziogbea ont affirmé dans d*ezcelleDts ouvrages qae la Chambre des comptes, le Trésor et la Chambre des monnaies composaient originairement une seule Chambre (Abot de Bazingben, Traité des moimotes, t. I*', p. 203 ; Boisard, cité par Vuitry, Etudes, t. If, p. 346, note 3). Cette assertion qui m'apparatt comme dérivée de quelques lignes de Germain Constans {Traité de la Cour des fnonnoyeSf p. 2) a été bien souvent répétée, notamment par Dareste, La justice admin. en France, 2« édit., pp. 9, 12, 19, et par Vuitry, Etudes^ t. II, pu 346 : je ne la crois pas fondée. Je ne vois pas sûrement ce qui a pu y donner lieu : probablement les réunions fréquentes des deux Chambres des comptes et des monnaies; peut-être le fait qu'elles se seraient réunies primitivement dans le même local. Boisard argumente surtout en vue d*établir la date de la séparation de la Chambre des monnaies : entre mai et août 1358. Il ne prouve qu'une chose, à savoir que Texpression Chambre des fnonnoies apparaît le 8 août 1338.

A Texte publié par M. An. de Barthélémy dans Mélanges de numismatique, 2« fasc, 1874, p. 127 et cité par F. de Saulcy dans BibL de VEcole des chartes, t. XXXVII, p. 181.

2 Piton, Les Lombards en France et à Paris, pp. vu, avec la note 2, 176, 186- 189, 191, 196 et passim. Evidemment, le roi consulte les maîtres quand il songe à tirer quelque profit de sa monnaie. Noos savons notamment qu'en 1292 ou 1293 Thomas Brichart, maître de la monnaie « et aucuns du Conseil conseilloieot et voloieni que pour avoir chevance se faist faible moonoie. » Cette année-là, le conseil qui devait être suivi plus tard, fut rejeté sur Tavis du lombard Mooche (Piton, Les Lombards en France et à Paris, pp. 106, 107).

Page 1