Les gouverneurs de province. — Les préfets du prétoire
et les vicaires.
Première période : les gouverneurs de province. — Le monde romain, pendant la première période de l'empire, eut deux têtes : le sénat et Tempereur. C'est ce qu'on nomme la dyarchie.
Parmi les provinces, les unes relevaient du sénat ou du peuple, les provinces sénatoriales; les autres de l'empereur, les provinces impériales. Lorsque cette division fut établie, en Tan 27 av. J.-C, la Gaule toute entière, Gallia Transalpina, formant alors une seule province, fut province impériale. En l'an 22, la Narbonnaise fut disjointe du reste de la Gaule et devint province sénatoriale; la Gaule Chevelue, ou mieux, en nous reportant à une date un peu postérieure, les trois provinces de l'ancienne Gaule Chevelue demeurèrent impériales; les petites provinces ajoutées à ce massif ou les subdivisions ultérieures furent toujours provinces impériales*. Aussi bien l'empereur ne manqua pas d'absorber peu à peu les provinces sénatoriales , et, à la On du m® siècle après J.-C, la distinction entre provinces impériales et provinces sénatoriales n'existait plus\
Les provinces du sénat, aussi bien que celles de César, étaient de deux sortes : les unes consulaires , dont le gouvernement ne se donnait qu'à d'anciens consuls ; les autres prétoriales, gouvernées par d'anciens préteurs.
Qu'ils fussent anciens consuls ou simplement anciens préteurs \ les gouverneurs des provinces sénatoriales, toujours sénateurs, portaient le titre de proconsuls (/?ro consule^). Les
1 Dion Cassius, LUI, 12 (édit. Gros et Boissée, t. VII, pp. 352, 353). Joignez Camille JuUian , Caius Serenus proconsul Gallix Transalpinx , dans Mélanges d'archéologie et d'histoire, 5« année, fasc. 5, pp. 343-346, note 3 ; Glasson, Hist. du droit et des instit. tle la France, t. I", pp. 267, 268, 269, 270 ; Desjardins, Géogr. de la Gaule rom,, t. Il, p. 23.
s Cf. Mispoulet, Les institutions politiques des Romains, t. II, pp. 93, 94.
3 J'emprunte ici quelques lignes à MM. AUmer et de Terrebasse, Inscript, de Vienne, t. I", pp. 208, 209. Joignez Willems, Le droit public romain, 5« édit., 1883, p. 514.
^ Sur ce litre de proconsul et ses origines, voyez ci-dessus, p. 28, note 4.