Dio Gass. LXVI, S
6. Mommsen {llisl. rom., XI. p. ISIi) conjecture, à bon droit, de ce passage que les Alexanlrins devaient être les gros fermiers des l)iens domaniaux qu'ils sous-louaieut ensuite aux petits cultivateurs égyptiens. Sur le dôinembrement de la propriété à l'époque gréco-romaine, voy. Peyron. Pap. Taur., I. p. 133. 147 in Kuhn, Stadt. und. burg. Verfass. d^r rom. Reichs, II. p. 497.
décisif : le préfet Tibère Alexandre distingue très nettement dans son édit ', les pleins propriétaires fonciers (Y£ti)[xopoi.), de ceux qui tiennent à colonage les biens du fisc (yswpyoi), et déclare qu'il n'est pas juste que les uns et les autres paient les mêmes redevances au Trésor. — La propriété privée du sol existait donc à l'époque romaine. On aura continué à distinguer propriétés domaniales et propriétés privées; quant au principe de Droit public romain qui faisait dériver la propriété foncière en terre provinciale de la propriété de l'État, il ne pouvait que difficilement s'a}.pliquer à notre province. Les Romains auront respecté sur ce point, comme sur tant d'autres, l'organisation territoriale qu'ils trouvèrent établie en Égj'pte -.
Pour en revenir au domaine, il ne comprenait pas que des biens fonds. Les Césars durent comme les Pbaraons et les Ptolémées posséder en propriété, tantqu'il .subsista, le lac Mœris, dont le poisson et les eaux rapportaient des revenus considérables aux souverains de l'Egypte^. — Ils avaient le monopole de certaines cultures très importantes, telles que celle du papyrus ^, dont l'Égj^pte fournissait alors le monde entier. Les salines, les nitrières du désert Libyque à l'ouest de Momemphis, dont on retirait des quantités considérables de nitre % devaient également leur appartenir. — Faisaient encore partie du dom^aine impérial, les carrières et mines de l'Egypte '^ : les carrières de porphyre et de granit situées dans les montagnes de la côte orientale à la hauteur d'Antinoé [AJons Claudianus) ', encore exploitées sous Dioclétien -, une autre carrière de granit appelée Fons Ti^ajanus [C. I. Gr. 4713) abandonnée