‹ Droit romainChapitre 136 sur 273 · Voy. Dion Gass. LVIL · texte numérisé non relu

Voy. Dion Gass. LVIL

2. Y avait-il une révision générale des impôts en Egj^pte tous les quinze ans au temps môme de Commode? Voj\ sur les papyrus du Fayoum, Wilcken, S'dzungshrrichle der Berlin. Akad., 1883, p. 906. Cet auteur a dressé, ihid., p. 808. 899, la formule suivie par les contribuables d'Arsinoé dans leurs déclarations au greffier royal de cette ville en 189 ap. J.-G.

Elle comprenait : 1» l'adresse du greffier royal d'Arsinoé; 2o les nom et prénoms du père de famille déclarant, la désignation de son père, grand-père, de sa mère et de son adresse; 3" l'indication de la possession d'un immeuble bâti; 4° l'cnumération des habitants de l'immeuble avec leurs nom. Age et profession: -S» formule finale : en conséquence je fournis (au greffii.'r royal); G" signature et date.

raon nous est représenté, avec les prêtres, comme le seul propriétaire foncier. La tradition grecque nous apprend, en outre, que les guerriers eurent aussi leur part de propriété avec le roi et les prêtres '. Mais tradition hébraïque et tradition grecque s'accordent pour dire que le peuple était réduit à végéter en mercenaire sur les terres des uns et des autres, n'ayant droit qu'à la part de produits qu'on voulait bien lui laisser. Sous les Ptolémées et même sous les Romains, on trouve encore, mentionnées dans les sources, la « terre royale » {^ct.cOx/:rt y?,), la « terre sacrée » ou du temple (ispxyr,) -. Celasignifie-t-il que l'ancienne division du sol en part du roi, part des dieux et part des militaires, s'est perpétuée jusque sous les Romains pour ne rien dire des temps postérieurs '^? — Non; cela prouve qu'il y avait, même à cette époque, des terres appartenant au roi (ou à l'empereur), des terres appartenant aux temples; mais cela n'exclut pas la propriété privée du sol. — La classe des prêtres avait été affaiblie et dépouillée d'une grande partie de ses richesses non seulement par les Perses, mais par les Macédoniens. — Celle des guerriers n'existait plus à notre époque. Les quelques débris qui en subsistaient au second siècle avant l'ère chrétienne, misérables

\. Diod. Sic. I, 73. Cf. Strab. XVII, p. 787. Herod. II. 109.

2. Inscription de Rosette, 63" papyrus du Louvre, et les papyrus des 2" et 3« siècles qui proviennent du Fayoum. Voy. pour ces derniers Wilcken, Observât, ad hist. .-Eg. prov. rom. p. 29, note.

3. II est des personnes, en effet, qui veulent que le régime foncier qui a existé très anciennement en Egypte, se soit conservé, pour ainsi dire, intact, jusqu'à ces derniers temps et qui seraient notamment prêtes à identifier l'état de la propriété décrit dans les Mémoires de la Commission d'Egypte, à l'ancien état de choses. Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette opinion. Il suffit de faire remarquer qu'elle ne tient alisolumeut aucun compte des treize siècles de domination musulmane qui nous séparent de l'Egypte grecque. La législation musulmane et des vicissitudes politiques profondes ont eu, depuis lors, le temps do transformer complètement la plupart des institutions de l'Egypte Ancienne, surtout le régime foncier que tous les législateurs se montrent jaloux de réglementer,

et fort déchus comme agriculteurs, étaient mis au rang des pauvres habitants des bourgs '. Non seulement, il ne saurait être question, pour notre période, de cet élément mililaire indigène, mais l'organisation de l'armée romaine et la soldt' ne pouvaient s'adapter à l'ancien système pliaraonique des milices vivant sur leurs terres. — Seul, le domaine royal a pu conserver jusqu'à notre époque des proportions considérables -, mais à côté des terres possédées en propriété privée par les habitants du pays, comme le prouvent, entre autres, les textes où terres du doniaine et terres des particuliers sont présentées comme distinctes ou opposées les unes aux autres. C'est ainsi que Strabon dit d'une île de la Thébaïde qui produisait les meilleures dattes d'Egypte que les particuliers ne pouvaient y posséder aucune propriété, qu'elle était auparavant terre royale et qu'elle appartenait alors aux empereurs \ Ailleurs, il raconte que l'on avait établi des divisions exactes et minutieuses du sol pour éviter la perpétuelle confusion que les débordements du Nil jetaient dans les bornages des propriétés, retranchant ou ajoutant cà leur étendue, changeant leur forme, faisant disparaître les diflerentes marques employées par chaque propriétaire pour distinguer son bien de celui d'autrui '. L'historien Dion Cassius nous apprend, en outre % que les Alexandrins s'irritèrent contre Vespasien, parce que cet empereur avait vendu une partie des terres du domaine ^ Mais voici qui est encore plus

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