‹ Droit romainChapitre 150 sur 273 · Peripl. mar. Eiythr. c · texte numérisé non relu

Peripl. mar. Eiythr. c

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(.iroits de douane à Leuké-Gomé, en face de Bérénice. Le taux qui est de vingt-cinq pour cent delà valeur de la marchandise paraît très élevé quand on le compare au tarif des autres zones douanières de l'empire romain '. Celui qu'on percevait dans les ports égyptiens et dans les autres stations du littoral nabatéen n'est pas connu. Etait-il aussi élevé ? Il est permis d'en douter -. En tout cas, l'empire semble s'être servi de tarifs élevés non pas tant pour se procurer de gros profits que pour écarter des ports égyptiens les vaisseaux marchands des Arabes et dos Indiens, pour encourager la marine égyptienne à secouer le joug de ces intermédiaires importuns, à aller chercher jusque dans les pays producteurs eux-mêmes les marchandises dont s'alimentait le commerce de ces temi)S-là '.

Un commerce beaucoup moins important est celui qui se faisait sur la frontière méridionale de l'Egypte avec l'Ethiopie. Il nous a pourtant laissé plus de traces matérielles dans ces Ostraca que l'on a souvent eu l'occasion de citer dans le cours de ce travail *. Sur un de ces tessons, on lit : « Tithoétion et ses collègues, gardes de Syène, porte sacrée. Par le percepteur Marcus Annius Ammonianus; Smérés, fils de Epianopo et d'Ammonios, a payé douze drachmes pour cinquante-trois pesées de myrobolanes ; le nommé Petepteton, autant... Baglousor, sa part. L'un 13 dn seigneur César Antonin, le 6 Phamènot » (u. 32 de Frœhn.) C'est la seule quiftance où le tarif douanier soit exprimé ; les autres gardent le silence sur ce point.

1. En Sicile, le taux du droit de douane était de op. 100 de la valeur de la marchandise; on Espagne, 2 p. 100; en Gaule, en Asie, en Bithynie et dans les provinces Illyriennes 2 et demi p. 100. Voy. Mar. quardt, Orr/anis. financ. t. X du Man. des Antiq. rom. p. 349.

2. Voy. Vigie, des Douanes dans l'Emp. ro>n., Dullel. de lu Soc. languedoc. de Géogr. VI (1883) p. 39 et s.

3. Mominscn, Ilisi. rom. XI, p. 244 et s. Ci-dessus, p. 86 et s.

4. Beaucoup de ces Ostraca avaient été publiés dans le Corp. Inscr. Gnec; d'autres restaient inédits; Frœliner a traduit et publié les uns et les autres diuis la I{eL\ Arch. 1863, t. XI et XII.

Enfin, tous les articles d'importation étrangère, de provenance arabe, africaine ou indienne, qui transitaient par l'Egypte pour s'entasser à Alexandrie qui en était comme l'unique entrepôt pour tout l'empire, devaient nécessairement, avant d'y arriver, payer les droits d'exportation à Schédia, sur le canal du Nil à Alexandrie, à 240 stades de la ville \ Cette localité tirait son nom d'un pont-barrage qui empêchait les vaisseaux de descendre ou de remonter le canal avant de s'être mis en règle avec le fisc. Les autres issues par les embouchures du Nil, surtout la bouche Ganopique, devaient être à cette époque, comme au temps de Jules César, gardées à vue pour les mêmes causes ^.

Pour aider le service des douanes de Schédia, il y avait, là, un poste militaire et une flottille qui croisait dans le Nil. Cette flotte était dite Potamophylacia et son commandant, Potamophylax . Elle était ordinairement détachée de la flotte d'Alexandrie et en dépendait au point de vue du commandement ^ C'est évidemment à cette flottille fluviale et pour rendre les mêmes services, tout en surveillant la navigation du Nil, qu'il faut rattacher les « barques de surveillance » qu'on trouve dans la région de Syène, et le « navire prétorien », sous le commandement duquel elles étaient placées ''. Mais les bateaux ne payaient pas seulement des droits de douane, il résulte du numéro six des Ostraca du Louvre que les navires payaient un droit de

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