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Goptos à Bérénice, la dernière avant d'arriver à cette localité *. Le personnage que l'on rencontre dans quelques inscriptions avec le titre de pi^sefeclus montis Berenicldis '^, n'est autre probablement que le commandant de ce poste.
En plus des trois légions, il y avait neuf cohortes romaines, presqu'une légion, dont trois étaient en garnison à Alexandrie ^ trois à Syène pour défendre la frontière d'Ethiopie, et trois réparties dans le pays. Strabon ajoute ailleurs (p. 819) que les cohortes de Syène n'étaient pas tout à fait complètes. Ces cohortes furent bientôt mêlées de pérégrins de toute provenance, mais elles restèrent toujours commandées par des tribuns romains.
Enfin, trois ailes de cavalerie distribuées dans les endroits convenables complétaient l'effectif de l'armée de terre. C'étaient des corps auxiliaires dont le cadre et le fond primitifs se composaient de cavaliers recrutés dans toutes les provinces romaines. Un intéressant diplôme militaire,
1. Plin. His. nat. VL 26 éd. Did «... est e^ aliud Hydreuma vêtus Trogodyticutn appellatum ubi praesidium excubat deverticulo duum miliuin, distat a novo Hydreuma, VII : Inde Bérénice oppidum... »
2. Corp. Inscr. Latin. IX, 3083 : D. Severio — prfef. prgesidiorum et montis Beronices ; III, 32 : L. Junius Galvinus prœfectus montis Berenicidis, anno IV imperatoris nostri Vespasiani Augusti. Orelli, 3881 : M. Artorius — prœfectus montis Berenicidis.
D'après Letronne (Œuvres, II, p. 110) et Franz [Introd. ad inscr. Mg. C. I. Gr. m, p. 321) le mont Bérénice ne différait pas de la montagne des Émeraudes ou Smaragdus mons, située entre Goptos et Bérénice. Le prœfechts montis Bei'enicidis aurait été le commandant des troupes chargées de surveiller et de protéger l'exploitation des mines. Mais Varges (de statu JEg. p. 67) fait justement remarquer qu'il n'est, nulle part, dit qu'il y eut des émeraudes au Berenicidis mons et qu'il résulte, au contraire, de Pline (His. nat. 37, 5) que la montagne des Émeraudes était plus rapprochée de Goptos que de Bérénice et n'a pas dû, par conséquent, s'appeler aussi montagne de Bérénice. — Le prxfectus montis Berenicidis est à distinguer du commandant du port même de Bérénice auquel nous croyons devoir rapporter le numéro 3880 des inscriptions d'Orelli : L. Pinario Nattse — prœfecto Berenicidis.
3. Une inscription découverte en 1887 dans les ruines de Kasr el- Kayasra, porte ; C Sulpicius C. f. Pnl. Aper, miles cohortis scutatae civium Komanorum... C. I. L. III, suppl. 6610.
découvert en 4881 dans l'ancienne Goptos, qni fut octroyé en 83 après J.-G. à des vétérans de l'armée auxiliaire d'Egypte, nous donne un aperçu de la composition de ces troupes dans les premières années du régne de Domitien '. On y trouve mentionnées trois ailes de cavalerie : Valu Augusta, ïala Apriana et ïala Coinaycnorum, puis sept cohortes qui sont : la /" Pannoniorum, la /' Hispanorum, la /* Flavia CUicum -, la /* et la //" Thvbicorum, la //* et la IJI^Ilurœorwn. Il semblerait à première vue qu'on ait, là, le relevé de toute l'armée auxiliaire dispersée en Egypte sous Domitien. Ce n'est pas cependant certain : car on a publié tout récemment une inscription qui nomme vers la même époque Valu Voconliorum qui était chargée, concurremment avec une cohorte scutaia civiwn Romanorum, de surveiller et de garder l'exploitation de carrières situées près de l'ancienne Ptolémaïs-Hermiu \ — Les troupes romaines tenaient garnison non seulement dans la vallée du Nil, mais aussi dans les déserts d'Egypte, soit comme avantpostes contre les nomades, soit pour protéger surtout l'ex ploitation des mines et carrières qui s'y trouvaient parsemées. C'est ainsi qu'on trouve des garnisons dans les deux stations du Mons Claudianus, à Glysma ^, et dans les Oasis de la Libye. AEl-Khardjeh (la Orande Oasis) notamment, il existe encore des restes de plusieurs grands camps for-
1. Cette inscription éditée d'abord par E. Desjardins (Comptesrendus (le l'Acad. des Inscr. 1883 (t. 11) p. 441. Bulletin critiq. d'hist. et de lut. numéro 30 juin 1884), l'a été en dernier lien par Mommsen (Éphem. épirjr. V (1884) p. 611) qui l'a enrichie d'annotations suivant son habitude.
2. Plusieurs fois mentionnée en Egypte sous Trajan, Hadrien et Antonin. Voy. Letron. Rec. I, p. 153 (inscrip. du mont Claudien); Bulletin de l'Instit. égyp. XII (1812-1873), p. 77 et ci-après, le prœf. caslror.
3. Ephem. épigr. VII (1890) p. 426. Une inscription provenant du camp d'Alexandrie, fut dédiée à Septime Sévère par les trente-deux decuriones alainim duarum velerame Gallicr et I Tfiraeum. C. I. Lat. III. 14.