‹ Droit romainChapitre 179 sur 273 · CI. L. III, suppl. n. 6580 (inscrip. du camp d'Alex · texte numérisé non relu

CI. L. III, suppl. n. 6580 (inscrip. du camp d'Alex

2. Ce beau monument a été découvert en 1883 par Maspéro dans l'ancienne Coptos. Il se composait à l'origine de six tablettes en basalte noir, dont on n'a retrouvé que la 3« et la 6'. Ces deu.'; pierres, en bon état, sont maintenant conservées au Musôe de Boulaq (auj. installé à Giseh). Sur cette inscription souvent éditée, voy. E. Desjardins. Comptes-rendus de l'Acad. des Inscr. année 1883, p. :Jl7-231 et la l)elle et récente étude du savant Mommsen (suppl. du tome III du C. /. L. n. 6627, p. 1209-1213). Nous avon.s généralement adopté les conclusions de Mommsen dans les notions exposées au texte.

3. Il est vrai que Parietonium était en dehors des limites de l'Egypte véritable.

4. Voy. le Corpus, ihid. n. 6.'599. Mommsen estime que puisque l'inscription vient des environs de Nicopolis d'Egypte, il s'agit bien de Ptolémaïs-Hermiu. Mais ce n'est, à vrai dire, qu'une pure conjecture; car il y eut bien d'autres Ptolémaïs en Orient, sans compter la ville du même nom, située dans le nome Arsinoïtes.

caraps et tous les Alexandrins sont versés dans la tribu Pollia, une des trente-une tribus rustiques. Les légionnaires nés à Paraetonium sont, eux, inscrits tantôt dans la tribu Pupinia, rustique, tantôt dans la Gollina, urbaine. On ignore la tribu dont faisait partie le soldat originaire de Ptolèmaïs.

Ce qui nous frappe tout d'abord dans l'exposé de ces faits, c'est le contingent con'^idérable fourni par les Castra de rÉgypte au recrutement des légions qui s'y trouvaient. Les enfants naturels, nés du commerce des légionnaires romains avec les femmes pérégrines, grecques ou égyptiennes, paraissent ainsi avoir été admis de bonne heure dans les légions d'Egypte. A titre « d'enfants de troupe », ils y constituaient les principales recrues. On tolérait ainsi pour le soldat, sous les drapeaux, la vie conjugale ou quelque chose de semblable, et, là encore, les Romains durent, dans ce qu'ils avaient de plus rigide, leur discipline militaire, s'accommoder des nécessités du climat et des usages antérieurement établis dans l'armée des Lagides, voire même dans les troupes romaines que Gabinius, gouverneur de Syrie, avait laissées en Egypte pour soutenir le trône chancelant de Ptolémée Aulète (55 av. J.-C.) ^ La province d'Egypte nous apparaît, de la sorte, comme ayant été le berceau des milices héréditaires du Bas Empire.

Si, par ailleurs, tous les légionnaires natifs d'Egypte sont versés dans la tribu Pollia, cela vient de ce qu'on y inscrivait de préférence les recrues nées dans les camps, recrues qui, légalement parlant, manquaient d'état civil, et auxquelles on donnait en même temps que le droit de cité, celui de faire partie d'une des trente-cinq tribus romaines. La confrontation de nos inscriptions avec d'autres, notamment celles qui proviennent du camp de Lambése,

1. .J. César, bell. civ. III, 4. 103. Cf. Appian. bell. civ. II, 49.

en Afrique, prouve la justesse de cette observation qui est due à Mommsen *.

Après les Castra, c'est Alexandrie qui fournit le plus de légionnaires à l'armée, puis Parœtonium. — On ne peut assigner aucun ordre aux autres localités et il faut, selon nous, mettre sur le fait du hasard, de nous avoir fait connaître seulement Tanis, Thèbes, peut-être aussi Ptolémaïs- Hermiu. Mais de ce que tous les vétérans de la 2" Trajane qui sont originaires d'Egypte portent des noms purement grecs ou gréco-égyptiens, sans qu'on en trouve de purement égyptiens, on s'est hâté de conclure que les indigènes étaient systématiquement exclus du service des légions , qui, dans les armées romaines, constituaient les troupes de première classe. Non content de faire cette première réserve, on paraît restreindre le privilège de pouvoir servir dans ces corps aux seuls citoyens des villes grecques d'Egypte, comme Alexandrie, Ptolémaïs, Parœtonium-, — Sur le premier point, il nous semble que les faits jusqu'à présent observés ne permettent pas encore d'élaborer en toute sûreté un principe général d'une portée aussi grave K — La seconde affirmation est inconciliable avec ce fait qu'on trouve des légionnaires natifs de deux villes essentiellement égyptiennes, Thèbes et Tanis ^ On ne voit pas, d'ailleurs, que Ptolémaïs ait plus de titre que lesdites villes à figurer dans la classe privilégiée. — Mommsen convient, du reste ^ qu'on ne faisait pas de difficulté pour admettre les indigènes à servir dans l'armée auxiliaire, troupes de seconde classe, et qu'on les versait même en nombre con-

1. Corp. Inscr. Latin. III, suppl. p. 1212. VIII, 2565b. lignes 2. 10. 2618" lignes 9. 27, etc.

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