Brugsch, l. l
5. Réserve faite pour les nomes énumérés par Hérodote dans son liv. II II 163 et 166. On a reconnu qu'il s'était attaché à renroduire autant que possible les sons égyptiens.
aliublée, elle aussi, d'un nom grec K C'est ainsi qu'on est quelque peu surpris de trouver sur les bords du Nil des villes de Zeus, Hélios, Apollon, Hermès, Hercule, Pan, Aphrodite et d'autres divinités du panthéon hellénique; tandis que les vrais noms de ces villes, purement géographiques pour la plupart -, étaient Ouas, On du Nord, Teb, Sesounnou, etc. Souvent aussi les Grecs appelaient la métropole du nome de l'animal qu'on y adorait ou vénérait comme représentant de la divinité du nome. Ils obtenaient ainsi la ville des loups, des chiens, de l'oxyrynque (sorte de poisson), du crocodile et d'autres animaux plus ou moins vénérables, villes dont les noms égyptiens, souvent géographiques, étaient Saout, Hebennou, etc. Lorsque dans une localité^ on rendait un culte principal à la même divinité ou au même animal que dans une autre, les Grecs ajoutaient, pour les distinguer, au nom de la plus importante, formé ainsi que nous venons de le dire, l'épithéte de « grande », et à l'autre celui de « petite »; par ex. Hermopolis Magna et Hermopolis Parva, Heracleopolis Magna et Heracleopolis Parva, sans qu'il faille attacher un sens absolu à ces qualificatifs. — Quant aux nomes, les Grecs leur appliquaient le nom de la métropole de chacun d'eux mis à l'adjectif. Ils avaient de la sorte les nomes Diospolites, Héliopolites, — Lycopolites, Oxyrynchites, nomes qui, dans la langue indigène, s'appelaient Ouas, Hiq- Neith, — Atef-Khent, Meh. Le nome Memphites, dont la métropole renfermait un des plus grands temples de l'Egypte, s'appelait tout simplement, en égyptien, Aneb-Hat ou le Mur-Blanc. Les Grecs dérogeaient cependant à leurs
1. Pour ce qui va suivre dans le texte, voy. le catalogue de concordance entre les noms égyptiens et lès noms grecs dressé par Maspero et inséré à la page 309 de l'Egypte ù petites journées de A. Rhône.
2. C'est ce que n'a pas aperçu Kuhn qui a, pour une bonne part, bâti là-dessus son système religieux des nomes égyptiens. Stadt. und hurg. Verfass. II, p. 403 ot s. Voy. ci-après l'administration des nomes.
hal)itii(les pour les villes de l'Egypte inférieure. Ici, les dénominations égyptiennes sont reproduites, mais corrompues et quelquefois défigurées. De Pabast, Khsoou, Haterib, Tab-noutri, etc., ils firent Bubastis, Xoïs, Athribis^ Sebennytus, et les nomes Bubastites, Xoïtes, Atliribites, Sebennytes. — La règle d'après laquelle on dérivait le nom du nome de celui de sa capitale recevait, du reste, d'assez nombreuses exceptions surtout dans la Basse Egypte. Mentionnons le nome Menelaïtes, chef-lieu Ganopus, le nome Prosopites, chef-lieu IViciu, le Phthenotes, Buto, le Phteraphuti, Ta va, le Neut, Panephisis, l'Arabia, Phaccusa, le Sethroites, Heracleopolis Parva^ enfin le nome Heliopolites, métropole Oniu. Dans la Haute Egypte, on peut citer le nome Thinites, métropole Ptolemaïs-Hermiu et le Gynopolites avec Go pour chef-lieu. Il est vrai que pour ces trois derniers exemples, la concordance, qui existait autrefois entre le nome et la ville dont il porte le nom, cessa par suite du changement de métropole. Des villes en décadence cédaient le rang à des cités plus récentes et plus prospères: quelquefois aussi on démembrait un nome trop grand pour en faire deux ou plusieurs nomes nouveaux; enfin il arrivait qu'on fusionnait ensemble deux ou plusieurs nomes trop petits ou dépeuplés. Voilà les principales causes qui expliquent pourquoi des noms de nomes qu'on trouve dans une liste ne se rencontrent plus dans une autre '.
1. Hermonthis, ville importante du nome Pathyrites, ainsi appelé de Pathyris (Ptolem. Geogr. IV, 5, p. 1221) Wilb.), le pays de Pathros, en butte aux menaces des prophètes d'Israël (Ezéchiel, 29, d4; Jérém. 44, 1. 13), finit pardonner son nom au nome entier (Voy. ciaprès la liste des nomes). De même Eleithya céda le premier rang à Latopolis et le nome d'Eleithya devint le Latopolites. Thinis s'effaça devant Plolemais-Hermiu. Oniu succéda même à Héliopolis, une des villes les plus célèbres de l'Egypte, comme métropole du nome Heliopolites, et Co à Cynopolis, comme chef-lieu du Gynopolites. La géographie de Ptolémée nous a conservé la mémoire de ces deux derniers changements (Livre IV, c. 3). — «Le nome Aphrodite-
Comme il est dans l;i nature des choses, le nombre des nomes ne fut pas toujours le même dans cette Egypte ancienne qui semblait pourtant devoir symboliser l'immobilité sociale. Tandis, en effet, que les listes hiéroglyphiques nous en présentent quarante-deux ou quarante-quatre \ attribués par moitié à la Haute et à la Basse Egypte, les auteurs anciens nous ont conservé le souvenir d'une époque où l'Egypte était, paraît-il, divisée en trente-six nomes seulement, dont dix pour la Thébaïde, dix pour le Delta et seize pour la région intermédiaire -. Dans cette région intermédiaire on comprenait sans doute l'Egypte inférieure adroite de la branche Pélusiaque et à gauche de la branche Ganopique ^ En dehors de ces écrivains, on ne trouve d'ailleurs aucune trace de cette division en trente-six nomes. Les listes que nous donnent les géographes grecs et romains, pour leur temps, énumèrent plus de quarante-quatre nomes et en attribuent la plus grande partie à la Basse Egypte ''. C'est surtout Claude Ptolémée qui doit être pris en considé-
polites fut divisé en deux, le nome Aphroditopolites avec son ancien chef-lieu Aphroditopolis et le nome Anteopoliles avec Anteopolis. L'ancien nome de la ville de Hiéracon, fut supprimé en entier et son territoire ajouté au nome limitrophe » Brugsch, Géogr. des nomes, Leipzig, 1879.
1. Brugsch, op. cit. Maspero, Hist. anc. p. 20. Lenormant, Man. d'hist. anc. I, p. 487.