Hérod. IT, lo
2. Ce langage, ainsi que l'a observé Letronne, Œuv. I, p. 163, impliquerait la préexistence de cette localité et non sa fondation par les Hellènes (cf. Strab. XVII, p. SOI). Ils ont pu tout simplement en dénaturer le nom primitif, suivant leurs habitudes, et lui donner une forme purement hellénique, comme ils l'ont fait pour Abydos, Thébes, etc. Les fouilles entreprises par la société anglaise « Egypt exploration fund » ont, à ce qu'il semble, permis de fixer avec certitude le site de Naucratis à Tell Nebireh, où l'on a retrouvé les fondations
ORGANISATION DKS VILLKS GUECOCES. 207
mière colonie grecque fondée en Kgypte. Elle semble avoir eu pour ses habitants grecs, un culte et un gouvernement purement helléniques; car le même historien nous apprend que plusieurs villes ioniennes et doriennes y fondèrent un grand temple, l'Hellénion, où les Grecs adoraient suivant leurs rites leurs divinités nationales.il parle, en outre, de prostates ou commissaires envoyés par ces mêmes villes à Naucratis pour diriger cette place de commerce. — Un passage de l'historien Hermias, rapporté par Athénée', y fait connaître aussi certains magistrats appelés timouques'-. Cette ville qui fut la patrie d'Athénée, de Julius Pollux et de plusieurs autres sophistes remarquables du temps de l'empire ', paraît avoir gardé jusqu'à notre époque son caractère de ville grecque au milieu de villes toutes égyptiennes. Telle est du moins l'impression qui se dégage des passages où Athénée parle de sa patrie '. Cette impression est corroborée par le fait que Naucratis est la seule ville d'Egypte dont le nom se lise sur les médailles frajipées dans cette province, au temps d'Hadrien etd'Antonin; les autres portent constamment les noms
des édifices ot des temples décrits par Hérodote et d'autres dont il ne parle pas. ainsi qu'une foule d'objets de fa!)rication grecque et une quantité considérable de débris de vases et autres poteries portant des inscriptions grecques. Il résulterait de là que, contrairement à l'opinion jusqu'ici reçue, Naucratis n'aurait pas été située sur le Nil même, mais bien sur la rive gauche d'un canal dérivé de la branche Canopique, par conséquent sans communication directe avec Saïs. Voy. D. Mallet, Les inscrip. de yaucralis, Rec. archéolog. 1889, p. 85.