Slrab. XVII, p
4. Ce titre signifie proprement interprèle des choses sacrées el parait désigner une fonction religieuse. Mommsen, Ilist. rom. XI, p. 175, note, pense que l'exégète était le même personnage que le « prêtre d'Alexandre », institué par testament de ce prince, selon son histoire légendaire (Pseudo-Callistlienes, III, 33). Ce prêtre était annuel, pponyme dans les actes et contrats de l'époque ptolémaKiue. Il avait
h' Hypomnématographe, ou secrétaire municipal, qui avait, semble-t-il, des attributions de police judiciaire S et qu'il ne faut pas confondre avec le fonctionnaire investi du même titre qui exerçait la charge de greffier, ou une charge analogue^ près le préfet d'Egypte ^ ;
UArchidicaste, juge suprême ou grand-juge ■\ Son titre implique qu'il présidait un tribunal ou, du moins, qu'il siégeait comme juge d'appel dans les procès qui intéressaient les Alexandrins. Ses fonctions qu'il faut se garder de confondre avec celles du juridicus, ont-elles été parfois
droit de porter la pourpre, une couronne d'or, avait un traitement annuel d'un talent et jouissait même d'une certaine immunité fiscale. Pris dans les rangs les plus élevés de la noblesse, il gardait son titre honoi'is causa, après sa sortie de charge, et le ti'ansmettait même à ses héritiers (C. /. Gr. 4976. Lumbroso, UEgltto al tempo dei Greci, p. 147 et s.). Le prêtre d'Alexandre ne diffère, sans doute, pas du grand-prêtre d'Alexandrie qu'on rencontre à l'époque romaine.
L'assimilation proposée par Mommsen entre les fonctions de l'exégéte et celle de ce piètre peut être exacte; mais alors, on ne comprend plus comment un prêtre pouvait jouer le principal rôle dans l'administration d'une immense ville comme Alexandrie. — L'existence de l'inscription qui nomme un « Julius Vestinus, grand-prêtre d'Alexandrie et de toute l'Egypte et directeur du Musée » (C. 7. Gr. 5900) nous amène plutôt à penser que la dignité de grand-prêtre d'Alexandrie était conférée, à l'instar de celle de directeur du Musée, par l'empereur lui-même. Or, nous savons que celle d'exégète était conférée par le préfet de l'Egypte. Ces deux dignités n'étaient donc pas identiques. — L'hérédité qu'on remarque dans les fonctions du prêtre d'Alexandre s'adapte d'ailleurs fort mal aux fonctions de l'exégète. Mommsen {ihid.) est réduit pour l'expliquer à conjecturer que l'on choisissait notre fonctionnaire entre plusieurs personnes appelées à cette haute dignité par droit héréditaire.
1. Voy. Et. Quatremère, Méin. hist. et géogr. sur l'Egypte, I, p. 303.
2. Sic : Mommsen, Hist. rom. XI, p. 176. Tous les érudits (Varges, Franz, Lumbroso, Marquardt) avaient jusqu'à présent confondu, on ne sait pourquoi, celte fonction municipale avec celle décrite si clairement par Lucien comme se référant à la province entière et non pas à la ville d'Alexandrie (Apolog. pro merc. cond. c. 12. Philo in Flaccum. Ci-dessus, p. 98, note 2). Le titre se retrouve encore dans une constitution de l'an 436, des emp. Théodose et Valentinien, I. 52. G. Just. de decur. et fil. eor. 10, 31 =1. 192 C. Théod. 10, 1.