‹ Droit romainChapitre 42 sur 273 · Trad. franc, de Strabon, t. V, p. T'.tS du texte · texte numérisé non relu

Trad. franc, de Strabon, t. V, p. T'.tS du texte

3. Voy. le [lapyrus analysé par Franz, C. I. Gr. JII, p. 294.

le texte, le pluriel employé n'emporterait pas, par sa seule vertu, l'existence simultanée de plusieurs de ces hauts fonctionnaires. Strabon peut l'avoir employé en considérant les épistratèges de Thébaïde dans leur ordre successif. On a des exemples de ceci pour d'autres fonctionnaires '.

Ainsi des deux passages de Strabon qui ont fait communément admettre le partage de l'Egypte, lors de la conquête romaine, et même antérieurement, en trois grandes circonscriptions administratives, le premier peut être tenu pour étranger à la question, et le second qui, si l'on veut, s'y réfère indirectement, ne suffit pas à lui seul pour la décider.

Voici maintenant les raisons qui nous portent à croire que l'Heptanomide n'existait pas encore au temps de Pline l'Ancien.

Aucun des auteurs anciens à nous connus, antérieurs bien entendu à Ptolémée, qui relatent l'existence de la Thébaïde, ne parle explicitement ou implicitement de cette région intermédiaire. On vient de voir ce qu'il en est de Strabon; la description de l'Egypte ancienne qu'il nous a laissée est pourtant la meilleure et la plus complète de celles qui ont survécu -. — Tibère Alexandre, rappelant dans son édit du règne de Galba, les plaintes nombreuses qu'il reçoit des cultivateurs dans toute l'étendue de l'Egypte, au sujet des exactions commises par les fonctionnaires, s'étonne que de pareils faits se passent non seulement dans la Thébaïde ç^\, dans les nomes de la Basse Egypte

1. Par exemple pour les thébarques ou chefs de la ville de Thèbes. Voy. Kuhn, II, p. 491. Ci-après partie IV, chap. II.

2. On ne voit pas sur quoi se fonde Robiou (Mém. su7' fécon. polit, de l'Ég. p. 208. 209) pour dire que Strabon compte le nome Letopolites au nombre des sept nom 'S qui formaient l'Heptanomide dont, par contre, il retrancherait l'Hermopolites qu'il ne considérait pas comme un nome. Voy. Strab. XVII, p. 806 sur le nome Letopolites qu'il dit être situé en Libye, faisant face au nome Heliopolites qui se trouve en Arabie, suivant un critérium dont nous avons déjà parlé.

éloignas {d' Alexandrie), mais à la porte même de la capitale, dans la banlieue d'Alexandrie et le nome Maréotique *. Ainsi, dans cette sorte de récapitulation des régions du pays, l'on voit bien paraître la Thébaide, la Basse Egypte, mais point de région intermédiaire. — Pline, malgré le peu de faveur que mérite ici son texte, n'est pas moins significatif : il nomme la Thébaïde et, après en avoir énuméré les nomes avec un certain ordre, il passe à ceux qui se trouvaient à l'est du Delta, puis il donne tous les autres nonnes en mélangeant ceux de l'Egypte moyenne avec ceux de l'Egypte inférieure -. On voit que non seulement Pline passe sous silence le nom de la province intermédiaire, mais qu'il n'en laisse pas même soupçonner l'existence. — Nous invoquons, enfin, ce fait que toutes les inscriptions connues ne mentionnent jusqu'à Trajan que des épistratéges de Thébaïde ^.

On ne peut, ce nous semble, mettre sur le compte du hasard ce silence général des auteurs et des inscriptions, d'accord, au surplus, avec les causes politiques qui avaient, de bonne heure, rendu nécessaire la création de l'épistratégie de Thébaïde mais qui, de longtemps, n'ont pas dû agir avec la môme force pour l'Egypte moyenne, mieux placée sous les regards des maîtres d'Alexandrie.

A côté de la Thébaïde, première en date des grandes régions administratives de l'Egypte gréco-romaine, et de l'Heptanomide, que nous croyons de création beaucoup plus récente, toutes deux occupant la vallée du Nil, il ne reste plus qu'à citer la Basse Egypte ou Delta. Forma-t-

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