Franz, Introd. ad inscrip. ALg. p
Ainsi donc, dans ce passage de Strabon, le Delta ne comprend pas toute l'Egypte inférieure et « la région intermédiaire » comprend beaucoup plus que l'Egypte moyenne.
Le second texte ne nous semble pas plus probant. — On croit voir dans ces épistratèges que les Romains trouvèrent au nombre des magistratures déjà établies, et qu'ils maintinrent, précisément les commandants des trois grandes parties de l'Egypte. Observons, tout d'abord, que le pluriel dont on argue, qui est employé dans la désignation des épistratèges, l'est au même degré pour les nomarques et ethnarques, et que cette assimilation tendrait à faire croire que les épistratèges étaient, sinon aussi nombreux que ces autres fonctionnaires, au moins trop nombreux pour les trois postes dont on dispose. Le rapprochement établi entre ces divers agents devient bien plus singulier lorsqu'on l'éclairé par ce membre de phrase : « avec des pouvoirs limités aux affaires de peu d'importance », qui certainement les comprend tous. On a peine à comprendre comment les commandants des trois grandes régions de l'Egypte, ceux qui devaient venir immédiatement après les gouverneurs romains \ auraient été réduits tout comme les petits fonctionnaires locaux à de minces attributions ! — Il y aurait là, semble-t-il, des motifs suffisants pour faire douter de la leçon du texte de Strabon aujourd'hui reçue, et pour en revenir à celle qu'admettaient Goray et Letronne qui, au lieu de épistratèges, y lisaient hypostratèges -, fonctionnaires qu'on retrouve, à l'époque ptolémaïque du moins, dans les subdivisions des nomes ^^ et dont le nombre et les attributions cadreraient bien mieux avec la pensée de Strabon. — Mais en admettant même contre toutes ces probabilités qu'il s'agit bien d'épistratèges dans
1. Voy. sur les attributions des épistratèges plus loin, partie IV, cliap. I.