Voy. Bell. civ. II
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à leur tour du gouvernement établi dans le pays. Selon le degré d'intelligence, d'énergie et de sollicitude qu'il apporte à cet objet, les eaux de la crue profitent à l'Egypte, ou se perdent sans profit dans la Méditerranée. Loin de faillir à leur tâche, les Pharaons avaient, au contraire, maintenu sur un excellent pied le système hydraulique de la vallée du Nil. Le plus beau travail dont ils nous aient laissé le souvenir fut certainement ce réservoir gigantesque du lac Mœris qui servait, au moment des basses eaux, à l'irrigation du Fayoum et de l'Egypte moyenne. Les premiers Ptolémées marchèrent sur les traces des rois nationaux et l'Egypte fut très prospère sous leurs règnes. Mais les derniers princes de cette dynastie avaient tout remis à l'abandon quand les Romains s'emparèrent de l'Egypte. Ceux-ci prêtèrent à l'agriculture égyptienne plus d'attention qu'ils ne firent dans aucune autre de leurs provinces, à cause de l'importance qu'elle avait pour l'approvisionnement de Rome. Auguste fit curer les canaux, élever les chaussées et les digues par ses légions victorieuses '. Les travaux continués par son ordre aboutirent à un résultat merveilleux. Strabon nous apprend - qu'avant l'administration du préfet Pétrone ^ , il fallait quatorze coudées pour une bonne inondation ; au-dessus, la crue était excessive, les eaux séjournaient trop longtemps dans les terres et quand elles se retiraient, il n'était plus temps de faire les semailles ; au-dessous, les terres n'étaient pas suffisamment arrosées, sans parler de celles qui restaient absolument incultes, faute d'avoir été touchées par les eaux du Nil; à huit coudées et au-dessous, il y avait famine en Egypte. Sous l'administration de Pétrone, douze coudées suffisaient pour procurer la plus grande fécondité et si le Nil ne montait (^u'à huit il n'y avait pas crainte
1. Suet. Oclav. 18 ; Dio Gass. LI, 13; Aurel. Victor, Epilome, c. 1.