‹ Droit romainChapitre 95 sur 273 · POUVOIRS DU GOUVERNEUR. GRANDS SERVICES ADMINISTRATIFS · texte numérisé non relu

POUVOIRS DU GOUVERNEUR. GRANDS SERVICES ADMINISTRATIFS

L'empereur, roi d'Egypte, se faisait représenter dans cette province par un de ses intendants {procuratores) ', pris dans l'ordre équestre. Ce gouverneur portait le titre assez humble de pnefectus yEgypti, titre qui rend bien la position subordonnée qu'il occupait à l'égard de son maître et que portaient également les gouverneurs des petites provinces, dites procurator'iennes , conquises et administrées à peu près dans les mômes conditions que l'Egypte -. — Le titre officiel se rencontre fréquemment, soit

1. Amm. Marcell. 17, 4, 3. Le jurisconsulte Paul met le préfet de l'Egypte au nombre des procuratores absents rei publicœ causa, auxquels le Droit accordait certaines faveurs. Voy. fr. 35, %% 2 et 3, D. ex quifj. caus. maj. 4, 6.

2. Les procurateurs "de Norique s'appelèrent, jusqu'à l'époque de Gordien, procuratores regni Norici. Kuhn, II, p. 8o et les textes qu'il cite. Il faut rappeler, à part le royaume de Norique, les Alpes Maritime, les Alpes Cottiœ, la Rœtia et les deux Maurelaniœ qui étaient provinces procuratoriennes. Elles furent, comme l'Egypte, gouvernées par des cbevaliers et non des sénateurs. Ces chevaliers s'appelaient souvent prœfecti comme celui d'Egypte. Voy. C. /. Gr. G771 ; Gruter 287, 7; Urelii, i029, olr.

dans les auteurs, soit dans les inscriptions '. On sait que sous le Bas Empire, il fut changé en celui de prœfeclus Augustalis ou tout simplement Augustalis, faisant allusion à sa création par Auguste, mais voulant dire, en réalité, « préfet impérial -. » Ce titre était probablement dans les usages courants avant de recevoir une consécration officielle ; car on le rencontre déjà dans une inscription qui date du règne de Domitien ^ — Mais comme nous sommes ici en pays de langue grecque, il nous reste de nombreux témoignages sur les titres grecs qu'on donnait au préfet de l'Egypte. Celui de Tnyey-wv tout court, ou parfois avec un complément qui lui donne plus de précision ', paraît avoir été celui qu'on employait dans les actes officiels ou publics, celui qui s'imposait aux sujets, et auquel ils ajoutaient par respect le mot xupto; ou Seigneur \ Il n'avait, du reste, rien d'exclusif, car dans des documents semblables, parfois dans un même document ^ on en trouve un autre : i%xpyo;. Ce titre, ne comportant pas à la diflerence du précédent l'idée d'une magistrature suprême, est toujours employé avec l'apposition vri; A'.yj-Tou, qui en

1. Suet., Vesp., 6; Fiine, Uist. nat. V, 10, 8; Sénèq.. Nat. Quest. 4, 2; Tacite, H/s^ ii, 74. Voy., pour ce qui est des inscriptions. ies nombreux titres recueillis sur la statue de Memnon, à Thèbos, qu'on peut trouver réunis, soit dans les Œuvres de Letronne, Égyp. Ane. 1881, éd. Fagnan, soit dans le troisième volume du Corp. inscrip. latin. qui contient les inscriptions latines de l'Égyple.

2. Ce titre apparaît, pour la première fois, dans des constitutions de l'an 3S2. Voy. 1. 37, C. Theod. de cursu pub.\ 1. 190 et 192. ibid. de decurionib. Il date peut-être effectivement d'une quinzaine d'années plus tôt. Mommsen, Mém. sur les proi\ rom. et les listes qui en sont parvenues, tr. fr. Paris, 1867.

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