V. — TURQUIE
Il n'existe pas en Turquie, à proprement parler, des lois sur la chasse ; c'est tout au plus si des règlements de police déterminent Pépoque où il est interdit de tuer le gibier. Strictement observés aux environs de la capitale, où la surveillance est plus active, ils sont complètement méconnus loin des grands centres et dans les provinces.
Considéré comme propriété publique, le gibier peut être poursuivi par toute personne munie d'un port d'armes ou « Teskerè w, dont il doit se pourvoir annuellement pour toute la saison de chasse (du le' août au 31 mars). En vertu de ce teskéré, tous les chasseurs acquièrent le droit tacitement reconnu, de chasser sur toutes les terre» même sur celles de la Couronne. Les lois turques ne prévoient pas de délits de chasse ; elles défendent uniquement de pénétrer dans les propiriétés ou jardins, entourés par un mur de pierre.
En somme, la Turquie serait le paradis des chasseurs : — point d'obstacles ni d'entraves, le teskeré est délivré gratuitement aux chasseurs de profession, on en tient même à la disposition des
ambassades étrangères — malheureusement, il y a une ombre à ce beau tableau c'est le manque absolu de gibier.
Nous livrons l'exemple de ce pays où fleurit la liberté primitive aux méditations de ceux qui prétendent débarrasser la chasse de toutes ses entraves et qui depuis longtemps caressent l'utopie de Robespierre. L'excès de liberté amène fatalement la disparition totale du gibier. La chasse, autant que tout autre droit veut être réglementée et mieux que les arguments théoriques, les faits parlent pour nous. L'Allemagne, où tout' est si méticuleusement arrêté, qu'un chasseur ne peut comme on l'a dit, faire un pas sans consulter le Code, est le pays le plus giboyeux de l'Europe.