‹ Droit Romain Des Actions Noxales De L'Électorat PolitiqueChapitre 35 sur 76 · DES ORIGINES DE LA FRANCE AUX PREMIERS ETATS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

DES ORIGINES DE LA FRANCE AUX PREMIERS ETATS GÉNÉRAUX

Dès l’origine de notre histoire, nous trouvons la pratique du droit de suffrage. Chaque année, aux premiers jours du printemps, les Francs seréunissaient en armes et en plein air, selon la coutume apportée des forêts de la Germanie. Ils nommaient et contrôlaient les premiers rois et délibéraient avec les chefssur les affaires importantes, surtout sur les questions concernant la paix ou la guerre ou le partage du butin. Ces assemblées portaientle nom de Champs de Mars. Tout homme libre y participait, le vote avait lieu par acclamations ou par murmures, el les guerriers donnaient leur approbation en agitant leurs boucliers et en les frappant de leurs framées. C’est dans les Champs de Mars que

les leudes vinrent plus tard payer leur redevance auroi. Ils disparurent peu à peu avec l'extension du territoire et l'autorité grandissante des chefs. Sous les derniers Mérovingiens, ces assemblées n'étaient plus que des solennités périodiques où les maires du palais montraient le roi au peuple.

À partir de Pépin le Bref qui se fit élire par elles, elles eurent lieu au mois de mai et prirent le nom de Champs de Mai. Mais de démocratiques qu'elles étaient au début ces assemblées deviennent aristocratiques. L'augmentation de la population ne permet plus de réunir tous les citoyens dans un même lieu, le peuple est exclu peu à peu et les chefs militaires, les évêques, les grands bénéficiers, sont seuls appelés ; la nation est donc représentée par des personnes qu'elle n’a point nommées, à l’exception des évêques qui étaient élus par le peuple. Du reste, l'assemblée ne prend plus de décision ; elle aide seulement la royauté de ses conseils.

Avec Charlemagne, ces assemblées, sous le nom de placita, sont réglementées et réorganisées. Hincmar, archevêque de Reims, dans une instruction écrite en 882, nous donne, d’après Adalhard, l’un des principaux conseillers de Charlemagne, des détails précis sur ces réunions (1). Il y avait chaque année deux assemblées ou placita. La première avait lieu au printemps ; on y réglait les affaires générales de la nation. La seconde se tenait en automne; on y recevait les dons

(4) Guizot, Essais sur l’histoire de France, p. 815.

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