GÉNÉRALITÉS
Le colonat romain est une institution politique et sociale des plus intéressantes à étudier pour l'historien et le jurisconsulte, mais sur l’origine de laquelle s’élèvent de graves controverses.
Il est certain qu’à partir de Constantin, au moins, le terme de colonus acquiert, indépendamment de sa compréhension générale qui englobe tous les individus travaillant la terre pour autrui, un sens spécial désignant la condition particulière d’une nombreuse partie de la classe agricole.
Il est certain que le mot de colon s'applique, dans le sens qui va nous occuper, à un homme libre, cultivant moyennant une redevance fixe, en nature ou en argent, l’immeuble d’autrui auquel il est irrévocablement attaché; qu’au Bas Empire, le colon est devenu un rouage, un élément essentiel de la société, et que la législation qui règle ses obligations et les sanctionne, devint avec le temps de plus en plus iyrannique. |
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Enfin, il est probable que si le colonat n’apparaît nettement pour la première fois, parmi les textes parvenus jusqu’à nous, que dans une Constitution de Constantin de l’année 332 (C. Th., V, 9, 1), cette Constitution se place en présence d’un fait accompli et déjà répandu sur toute la surface de l’Empire; d’une part, en effet, elle ordonne de ramener le colon fugitif à sa condition originaire (originæ suæ); d'autre part, la Constitution précitée s’adresse à tous les proWnciales, et les mesures législatives qui la suivent s’appliquent indistinctement à des colons vivant en Orient comme en Occident, depuis la Palestine, la Mésopotamie et l’Asie-Mineure, jusqu’en Thrace, en Illyrie, en Italie et en Gaule, sur les biens du fisc comme sur les propriétés privées.
Mais à part ces idées générales, dont plusieurs même sont contestées, nous ne pouvons, pour ainsi dire, rien poser comme constant.
Sous l'influence de quels faits le colonat a-t-il pris naissance? Le domaine des hypothèses s’ouvre, sans rencontrer de limites dans les textes de droit ou dans la littérature de époque.
Le législateur parle pour légiférer, pour poser les règles des institutions qu’il établit, ou qu’il s’approprie; mais il n’a pas à rappeler les causes d’où sont nées les usages ou les idées qu’il convertit en lois.
Les littérateurs ne s’étendent pas davantage sur les motifs, dont l'influence forma originairement la classe des colons : il est évident, néanmoins, qu’à un moment quelconque, il se créa un grand nombre de colons, puisque celte classe d’hommes, une fois constituée, se perpétua et-$e recruta ensuite presque exclusivement par les naissances. — La raison du silence des écrivains réside peut-être dans les observations suivantes que nous hasardons : Au temps où le colonat s’établit, les campagnes ne jouaient plus qu’un rôle effacé dans la société romaine, la prépondérance des cités était immense : tout ce qui restait encore de vie dans la vaste organisation de l'Empire venait s’y concentrer. Cette circons-